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+ fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood

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MessageSujet: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:15

« On souffre de ne pas comprendre, on souffre de ne pas savoir », c'est écrit dans « marche ou crève ». Alors quand on ne sait pas, soit on souffre et on marche, soit on souffre et on crève. Billie, elle, marchait. Mais pour marcher, il fallait parfois se battre et c'est pour cette juste raison qu'en ce moment même, elle mordait un jeune garçon au sang. Oh bien sûr, cet acte était justifié. Du moins, pour leur loi à eux, c'est à dire celle du plus fort. Il faut au moins ça pour se faire respecter dans un monde ou, dès la naissance, vous n'avez pas votre place. C'était valable pour chaque enfant de l'orphelinat de Chester, tous étaient logés à la même enseigne. Billie ne souffrait donc pas plus qu'un autre, et puis c'était tout ce qu'elle avait toujours connu. On ne crache pas sur la seule chose que l'on possède. En tout cas, pas tout de suite. Avec l'un de ses camarades, donc, elle s'adonnait à cette lutte de pouvoir. Il lui avait attrapé les cheveux – qu'elle portait bien trop long pour survivre convenablement dans cette jungle de marmots teigneux, elle lui avait mordu le bras. Il lui mit un coup de poing dans le ventre, elle envoya son pied dans l'un de ses tibias. Puis il lança l'un de ses mains à pleine vitesse dans son visage, ce genre de frappe qui vous ouvre un sourcil ou éclate votre pommette, mais Billie était chanceuse, elle n'aurait finalement qu'un gros bleu. En revanche, elle n'échappa pas à la chute et, voyant qu'elle restait au sol, le garçon repartit avec un air victorieux. C'était une belle bataille, même si elle avait eu peu de chance de la remporter. Ce n'était pas faute de s'être entraînée, mais cet adversaire là était coriace et bien plus grand. C'est également l'une des lois de ce monde, ou en tout cas du leur : s'en prendre aux plus faibles pour qu'ils deviennent plus forts. Mais Billie doutait tout de même du fait que nombre de ses compagnons suivent réellement cette logique éducative. Ça ressemblait davantage au chien pissant sur un arbre pour marquer son territoire, et elle venait tout juste d'être marquée.


Elle se retrouvait donc étalée par terre, légèrement sonnée. Mais le fait qu'elle ne se relève pas tout de suite n'était pas lié au coup qu'on lui avait asséné, non. Cela tenait plutôt au fait qu'elle pouvait, sur le sol et sur le dos, observer le ciel. Pourquoi donc se relever et voir de mauvaises choses alors qu'elle pouvait admirer les nuages printaniers transcender le bleu de l'univers ? Lorsqu'elle tournait la tête vers la droite, elle pouvait apercevoir le mur arrière de l'orphelinat, au loin. Rien d'intéressant de ce côté là. Lorsqu'elle la tournait à gauche, elle voyait l'étendue verte et sauvage qui constituait le reste de ce terrain vague ou elle venait souvent. Elle y était tranquille, la plupart du temps. Loin de la ville, loin de sa pension, loin des gens. Et, à gauche, trônant au milieu des herbes folles, il y avait cet arbre. Il lui semblait qu'il s'agissait d'un chêne. Son tronc était si épais qu'elle ne pouvait pas en enserrer la moitié de ses bras. Et puis il était biscornu. Et feuillu. Bien sûr, en Mars, il l'était un peu moins, mais reprenait doucement sa floraison. Il était de ces arbres si imposants qu'ils donnent l'impression de pouvoir communiquer. D'ailleurs, elle était persuadée qu'il le faisait. Qu'un jour, des druides en avait fait un chêne sacré et qu'en retour, celui-ci avait recueillit leur esprit lorsqu'ils s'étaient éteints. Parce que si Billie avait choisi de souffrir mais de marcher, elle avait aussi appris à être moins atteinte par son ignorance. Elle avait tout simplement trouvé autre chose à connaître qu'elle même. Autre chose à comprendre que son histoire. Et cette autre chose, c'était cet arbre et les esprits qui vivent lui. C'était la magie blanche et noire qui peuplent le monde. C'était l'elfe, la fée et la sorcière qui oeuvrent quelque part à rendre ce monde meilleur ou, peut-être, à le détruire. Elle avait découvert les mythes et les légendes, les fantômes et les monstres, la puissance de la terre et l'incertitude de l'avenir. Alors il était tout naturel, pour cette jeune fille de huit ans, d'oublier le sol glacé du mois de mars, d'oublier la douleur des hématomes sur son corps et d'oublier qu'elle ne savait rien et qu'elle n'était personne. Parce que face à ce chêne majestueux, elle avait foi en l'existence de quelque chose de plus grand. De plus important.

Et c'est justement près de lui qu'elle la vit pour la première fois.


Dernière édition par dame de pique le Dim 23 Avr - 0:23, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:16


Une nouvelle journée s’annonçait sous les nuages printaniers et le bleu azur du ciel englobant une bonne partie du Royaume-Uni. La plupart des adultes s’en allait pour accomplir la routine de leur travail tandis que les enfants restaient sagement à la maison. Le monde des sorciers s’activaient au même rythme que celui des moldus. Pourtant, une barrière les séparait, une barrière réglementée depuis bien des siècles et qui ne devait pas se briser.

Malheureusement, certaines choses ne se déroulent pas forcément comme prévu. Après avoir embrassé ma fille âgée de quelques mois sous les yeux de sa nourrice, je disparus en une fraction de seconde pour réapparaître dans un lieu plus vaste, plus éclairé et plus peuplé. Une odeur douce de menthe me fit frémir le nez ; l’hôpital de Ste Mangouste était déjà bondée à cette heure-ci entre les médicomages qui arpentaient les couloirs en pressant le pas et les patients qui rentraient et sortaient des chambres. Pour ma part, ce fut dans la salle de réunion des Guérisseurs que je guidai mes pas. Une stagiaire venait de m’annoncer que l’on m’attendait là-bas dans le but de prendre un patient extérieur en charge. D’un pas ferme et décidé, je m’y dirigeai après avoir enfilé ma blouse blanche. J’empruntai un nouveau couloir avant de prendre un virage qui me mena directement à ma destination.

Le décor de la vaste pièce n’avait rien à voir avec celui du quartier général des médicomages qui n’étaient que l’équivalant des infirmiers ou aides-soignant moldus. Ici, il n’y avait que l’élite avec, à sa tête, le chef des guérisseurs. En ce moment, une certaine épidémie similaire à celle de la Dragoncelle s’était répandue de telle sorte à ce que le deuxième étage, consacré aux virus et aux microbes magiques, soit complètement occupé. Après un bref résumé de la situation actuelle des choses, notre supérieur nous confia différentes tâches visant à mieux organiser les équipes médicales. Pour ma part, il était nécessaire que je me rende à Eccleston, là où m’attendait une vieille sorcière affaiblie après avoir été piquée par un drôle d’insecte. Je pus disposer après le court dialogue de mon chef, me hâtant d'enlever ma blouse et de prendre du matériel dans une petite sacoche portant le symbole de l’hôpital et ayant subi un sortilège d’extension indétectable.

Suite à cela, je m’éclipsai de cet endroit dans un ploc sonore pour apparaître dans un milieu un peu plus frais et, surtout, loin de la cacophonie générale des discussions. Le chant des oiseaux était le seul repère auditif et, après avoir fait quelques pas, je tournai doucement sur moi-même à la recherche d’un sentier à emprunter pour me rendre chez la personne âgée. Hélas, je ne reconnaissais aucun élément de ce paysage. Pas même ce grand chêne juste à côté. M’étais-je trompée ? A proximité, un grand établissement faisait contraste avec l’étendue verte et sauvage qui l’opposait. Je me demandais bien de quoi il s’agissait. Cette bâtisse me semblait assez austère et j’avais le sentiment qu’aucun sorcier n’y vivait. Mieux valait que je m’en éloigne le plus possible, la présence des moldus ne me mettant pas vraiment à l’aise.

Furtivement, j’étais sur le point de m’engager vers un chemin menant à un bosquet lorsqu’une forme distincte sur le sol attira mon attention. Cette forme me fixait, interloquée. En moins d’une seconde, mes sens furent en alerte et je compris que je venais de commettre une erreur. Ce fameux code international du secret magique, je venais de le briser involontairement. Une petite fille couchée sur l’herbe semblait stupéfaite par mon arrivée éclair. J’aurais pu fuir mais ce n’était pas la bonne décision à prendre. La laisser repartir alors qu’elle venait d’assister à un événement surnaturel ne lui présagerait rien de bon et l’Histoire nous avait appris qu’il ne fallait pas prendre cela à la légère.
Je l’observais silencieusement, prête à dégainer ma baguette pour la soumettre aux oubliettes. Toutefois, une autre idée me fit renoncer à cette initiative, ne serait-ce que le temps d’obtenir une information précieuse. Je pouvais toujours feindre que tout cela n’était qu’un tour de son imagination et que j’étais apparue de manière naturelle : de manière moldue.

« Bonjour » Fis-je d’une voix méfiante et calme à la fois.

Je ne savais pas comment m’y prendre face à un moldu et, à vrai dire, j’aurais préféré ne pas croiser cet enfant même si je devais bien avouer que sa candeur perceptible ne donnait pas l’envie de se laisser aller par des sentiments hostiles. J’ignorais pourquoi la naissance de ma fille me rendait plus sensible à ce genre de choses. C’était sans doute une des raisons qui m’avait également poussée à ne pas user du sortilège d’amnésie sur elle dès le départ. Cela dit, la finalité serait sans doute la même.

« Est-ce que nous sommes bien à Eccleston ? Demandai-je, comme si de rien était. Mmh, par Merlin… Tout ceci ne me rappelle absolument rien. »

J’avais murmuré ces dernières paroles à moi-même mais ce n’était sûrement pas suffisamment bas pour que l’inconnue ne les entende pas. J'ignorais, à ce moment-là, que l'expression "Par Merlin" allait indubitablement me trahir. Parallèlement, je tentai de dissimuler ma sacoche en plaçant distraitement la main qui la portait dans mon dos.


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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:16

Elle n'était pas là, et puis elle était là. C'était aussi simple que cela. Pas de grand éclair blanc. Pas d'étincelles de feu. Pas de bruit assourdissant ou de tremblement de terre. Elle était juste là, près du chêne sacré que Billie affectionnait tant. Ses yeux écarquillés suivaient chacun de ses mouvements, chacune de ses hésitations, ne respirant que lorsque cela s'avérait nécessaire. Elle n'osait pas bouger, de peur de la faire fuir. C'était un peu comme être face à une biche qui, méfiante, serait prête à disparaître en quelques secondes. Tout ceci était-il réel ? Peut-être avait-elle sous-estimé la violence du coup qui lui avait été porté. Peut-être même qu'elle n'était plus de ce monde. Les doutes et les questions se bousculaient dans son esprit tandis que ses yeux osaient à peine cligner. Et puis leurs regards se croisèrent, seulement soutenu par le chant des oiseaux. Dans les rêves, les regards ne se croisent pas. Dans les rêves, on sait qu'ils se croisent mais, techniquement, ils ne se croisent jamais. Alors ce n'en était pas un. Tout était bien réel. Elle était bien réelle.


Il y eut un moment de flottement où le temps semblait s'être arrêté. Juste quelques secondes où toutes deux se fixaient comme l'on découvre avec stupeur l'existence de ce que l'on pensait ailleurs. Ce fut l'inconnue qui brisa en premier le silence, saluant Billie d'une voix presque trop ordinaire. La jeune fille commençait peu à peu à prendre conscience de ce qu'elle venait de voir sans toutefois être capable de prononcer un mot. Elle se releva doucement, ses traits toujours figés dans une moue ébahie, puis l'inconnue poursuivit. Elle parlait encore, ce qui ne cessait de la rendre plus vraie, et ses dernières paroles ne firent que confirmer à l'orpheline que cette femme était tout sauf ordinaire. Elle secoua d'abord la tête de droite à gauche pour lui indiquer qu'elle n'était pas là ou elle voulait sûrement se rendre, puis un large sourire vînt compléter l'étonnement qui frappait jusque là son visage. Merlin. Elle connaissait Merlin ? Etait-elle enfermée dans l'arbre sacré avec lui ? Oubliant toute forme de méfiance qui, pourtant, faisait partie intégrante de son quotidien, elle s'approcha de quelques pas. Si l'inconnue connaissait l'enchanteur, alors elle ne pouvait pas être mauvaise, n'est-ce pas ? Et elle, qui était-elle ? Elle s'approcha encore. Elle voulait la voir de plus près et contempler son visage. Bien trop matérialisée pour être un fantôme, elle semblait avoir la grâce des hauts-elfes. Elle était grande, élancée et très belle. Billie laissa ses yeux glisser sur les cheveux de la jeune femme, cherchant à voir s'ils dissimulaient ces longues oreilles si reconnaissables, mais elle n'en trouva pas la moindre trace. Peut-être n'était-elle pas un elfe finalement. Une fée ? Non, pas une fée. Elles étaient généralement minuscules et Billie leur avait toujours trouvé un air niais insupportable. Alors elle réfléchissait encore, ne quittant pas des yeux celle qui l'intriguait tant. Puisqu'elle semblait connaître Merlin, peut-être était-elle elle aussi Magicienne ? Druidesse ? Elle aimait beaucoup les druides. Ils étaient si savants ! Mais les magiciens n'étaient pas mal non plus. Surtout Merlin. Ses lectures lui avaient apprises qu'il était capable de se métamorphoser. C'était tout de même incroyable non ? Billie releva les yeux pour les planter dans ceux de l'inconnue, pleine d'espoir et de curiosité. Est-ce que tu es une magicienne ? Dans la même catégorie, elle aurait pu aussi être une sorcière. D'ailleurs, cette tenue noire n'était pas des plus gaies, ce qui pouvait éventuellement étayer cette idée. Les sorcières n'avaient pas vraiment le beau rôle dans les livres, ni dans la vie d'ailleurs. La différence viendrait du fait qu'elles soient associées au Diable, mais Billie ne croyait pas au Diable. Elle ne croyait pas en Dieu non plus. Partant de là, pour elle, peu de choses séparaient les magiciens des sorciers, si ce n'était le fait que ces derniers avaient longtemps été chassés, brulés ou noyés pour, soit-disant, avoir voulu détruire les humains. C'était peut être pour ça que Billie les aimait autant, ayant vite compris que les hommes étaient souvent injustes, surtout dans leur croyances. Elle en voulait pour preuve le fait que son surnom, à l'orphelinat, soit celui de sorcière alors que, malheureusement, elle n'avait rien de magique en elle. Si la grosse Chelsea était tombée dans les escaliers, ce n'était pas parce que Billie s'était ralliée au Diable, juste le signe qu'elle devrait arrêter de voler la nourriture des autres. C'était donc pour ces diverses raisons que, malgré le sermon des sœurs de l'orphelinat et les corrections du Père Celynen, elle avait toujours refusé de prier ou de croire en quoique ce soit d'autre qui lui aurait été imposé. Et puis l'inconnue qui se trouvait devant elle ne ressemblait en rien aux sorcières hideuses et mal intentionnées décrites dans de nombreux ouvrages. Mais dans le doute, elle préféra lui poser la question. Est-ce que tu es venue me faire du mal ? Si le ton employé était peut être un peu moins enjoué, elle restait persuadée que la réponse était non. Si elle était apparue devant elle, au pied de son arbre, c'était forcément le signe qu'elle n'était pas là pour la détruire. En tout cas, elle se refusait d'y croire et, jusqu'à preuve du contraire, elle n'avait pas l'intention de fuir. Et puis ce n'était pas comme si quelque chose de meilleur l'attendait ailleurs.

Bien que beaucoup de questions la tiraillaient, elle lui laissa tout de même le temps de répondre. Ses yeux toujours émerveillés parcoururent la mystérieuse jeune femme de haut en bas, ce qui ne fit qu'élargir son sourire. Ils s'arrêtèrent finalement sur l'une de ses mains qu'elle semblait maintenir derrière son dos. Si elle cherchait à cacher quelque chose, alors Billie devait savoir ce que c'était. Elle tenta quelques manœuvres pour faire le tour de l'inconnue, mais elle ne semblait pas née de la dernière pluie. Son enthousiasme laissa finalement place à un peu de malice. L'enfant planta de nouveau son regard dans les iris bleutés qui lui faisaient face, confiante. Elle s'apprêtait à lui sortir un argument qu'elle pensait imparable, auquel elle ne pourrait que céder. Si tu me montres ce que tu caches, je te dis où tu es. Elle avait laissé de côté son air ébahi et s'était redressée, la tête haute, prête à parer toute tentative de refus.



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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:16

J’observais ses réactions sans trop de surprise. A l’instar des autres moldus de son genre, elle semblait ébahie par mon apparition et je me sentais presque gênée lorsqu’elle se releva doucement, comme pour visualiser de plus près sa découverte. Je ne parvenais pas à comprendre comment on pouvait trouver la magie aussi étrange et c’était sans nul doute parce que j’étais née dans cet univers mais voir les moldus écarquiller autant les yeux et secouer la tête de droite à gauche comme s’ils avaient vu le fantôme de Salazar Serpentard me faisait toujours sourire narquoisement. Aujourd’hui, cependant, ce n’était clairement pas un sourire qui ponctua mon expression. Je me trouvais dans une situation bien embêtante et j’espérais de tout cœur qu’il n’y ait pas d’autres individus comme elle à proximité. Avant de jeter un sortilège, il me faudrait vérifier l’absence de tout élément qui pourrait me porter préjudice. Une chose était sûre : je ne comptais pas échouer cette mission confiée aussi bêtement et la sorcière âgée qui m’attendait ne paierait pas les conséquences de mon erreur. Je n’avais pourtant jamais rencontré le moindre problème en transplanant et je me souvenais parfaitement du décor d’Eccleston ; il ne ressemblait en rien à celui-ci. C’était inquiétant.

L’inconnue s’approcha, curieuse. N’avait-on pas appris à cet enfant à ne pas briser les distances avec un adulte qu’elle ne connaissait pas ? Que ce soit issu de la presse sorcière ou non, on entendait parfois parler d’affaires fâcheuses avec des disparitions d’enfant. Une ancienne mage noire, Gasparina Vergilius, avait pour habitude d’enlever quelques jeunes sorciers à leurs parents dans le but de les endoctriner et d’en faire d’excellents soldats à sa botte. Plus ils étaient jeunes et plus ils étaient modulables. A cette pensée, je demeurai outrée face à cette témérité dont faisait preuve la moldue. Je n’avais posé qu’une simple question visant à n’entendre qu’une simple réponse qui me permettrait de repartir d’ici bien vite. Cependant, la petite ne parut pas de cet avis. Elle se rapprocha encore et je fus presque prise par un mouvement de recul tant je ne tenais pas à être à côté d’elle. Elle risquerait de voir ce que je tenais dans mon dos et de m’étudier un peu trop à mon goût. D’ailleurs, elle s’avérait être déjà en pleine réflexion. Je n’avais pas pour habitude de prétendre que les enfants n’étaient pas perspicaces, mais je préférais croire qu’elle ne tirerait pas de conclusions trop hâtives.

Hélas, ce souhait me fut refusé. Elle ne me livra aucune information sur le lieu où nous étions, se contentant de me retourner une question particulièrement directe et qui touchait de plein fouet le sujet sensible à ne pas aborder. Il n’y avait plus de doute quant au fait que mon identité était quasiment révélée. Une magicienne ? C’était presque le bon terme mais il était évident que je n’allais pas lui dire la vérité.

« Une magicienne ? Voyons, quelle drôle d’idée, cela n’existe pas. Tu ne m’as tout simplement pas vue arriver normalement. » Fis-je sur un ton calme, mesurant mes mots et prenant un faux air interloqué.

Il fallait que je la dissuade de continuer sur ses pensées et je comptais bel et bien jouer sur la réalité des choses vue par les moldus. Ma tenue n’aidait certes pas à renforcer mon affirmation mais je n’avais guère d’autre choix que de faire avec. A sa prochaine question, je fronçai les sourcils. Lui faire du mal ? Je ne comprenais pas où voulait-elle en venir. Quel était le lien entre le mal et les magiciennes ? Je ne pouvais le deviner tout simplement parce que j’ignorais que les contes de fée moldus considéraient les sorcières comme étant les méchantes s’opposant aux héros et aux héroïnes. Mon enfance avait été bercée par les contes de Beedle le Barde en version anti-moldus ‒ mes parents reformulaient expressément les histoires ‒ donc j’avais grandi en percevant les sorciers dans l’honneur et l’ordre et les moldus comme étant de la pire espèce.
Quoi qu’il en soit, sa question méfiante eut le don de me forcer un fin sourire qui se voulait rassurant. Sa candeur ne me laissait pas indifférente et je souhaitais, étrangement, lui faire clairement comprendre que je n’avais nullement l’intention de lui faire du mal.

« Non, pas du tout. Rassure-toi, je ne vais pas t’enlever à tes parents. » M’empressai-je de répondre avec douceur.

D’un côté, cela me réconfortait un peu de savoir qu’elle gardait une notion du risque encouru lorsque l’on abordait un inconnu. Elle n’était pas si imprudente que je ne le pensais. Ce n’était pas que la vie d’un moldu m’importait mais j’avais en face de moi une fillette et je n’étais pas dotée d’un cœur gelé à l’égard des jeunes innocents. Je désirais simplement qu’elle cesse de poser des questions inconfortables et qu’elle retourne gentiment vaquer à ses occupations. D’ailleurs, je me posai la question de savoir où étaient ses parents. Ils ne devaient pas être bien loin. Je relevai la tête en balayant les alentours du regard, de nouveau à la recherche de présences. Malheureusement, je ne vis rien. Tout ce qui attirait mon œil observateur était ce grand bâtiment, qui dominait le périmètre.

Ce fut à ce moment-là que la moldue se mit à se déplacer. Ma main prudemment dissimulée derrière mon dos venait d’attirer son attention, à mon plus grand dam. Je rajustai ma tenue de sorcière en veillant à ce que ma baguette ne soit pas révélée au grand jour. Le sourire de cette enfant n’était pas pour me déplaire mais sa malice se dessinant peu à peu sur ses traits ne me disaient rien qui vaille. Elle me contourna du mieux qu’elle le put dans l’objectif de voir ce que je cachais mais je demeurai ferme sur mon intention et je ne lui montrai rien de cette fameuse sacoche que je serrais de plus en plus. Je me mouvais de manière à contrer ses propres manœuvres, si bien qu’elle fut contrainte de me soumettre à un chantage plutôt bien pensé et qui s’avérait agaçant pour moi. Seulement, ce n’était pas en haussant le ton et en montrant mon irritation que je parviendrai à obtenir ce que je voulais d’une petite de moins de dix ans.

« Très bien, mais tourne-toi, lui dis-je après qu’une idée ait germée dans mon esprit. Et ne triche pas où je le saurai ! »

J’attendis qu’elle s’exécute loyalement avant de sortir doucement et silencieusement ma baguette de ma main valide. Je ramenai la sacoche vers moi et tapotai discrètement dessus, formulant l’incantation dans ma tête. Aussitôt, le logo de Ste Mangouste disparut et je créai un double-fond hermétique permettant de dissimuler la majorité du matériel médical magique que j’avais emporté. Je jetai un nouveau coup d’œil à la petite, vérifiant son honnêteté. Finalement, pour faire bonne mesure, je ne laissai perceptible que quelques petites fioles de potions et de la pommade que je pris soin d’effacer le nom et la description sur les étiquettes.

« C’est bon, tu peux te retourner. Je devais juste ranger quelques objets qui ne doivent pas être mis à la portée d'un enfant. » Annonçai-je avec soulagement, après avoir rangé ma baguette dans une poche intérieure.

Je lui montrai la sacoche de l’index, espérant que le subterfuge fonctionnerait.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:16

MORGANA & BILLIE


« Elle avait envie de la toucher. Elle voulait sentir la matérialité de cette situation sous ses doigts et empêcher cette créature de disparaître subitement. Elle aurait presque pu tendre la main et rompre toute distance. Refermer ses doigts sur cette étrange tenue noire qui la faisait paraître hors du temps. Mais au lieu de cela, elle se contenta de la fixer, cherchant à capturer de ses yeux chacun de ses traits. Cherchant à mettre un mot sur ce qu'elle regardait. Et ce mot n'était certainement pas celui de la normalité, bien que l'inconnue tenta de l'en persuader. Pensait-elle vraiment pouvoir la convaincre d'une telle chose ? D'accord, peut être qu'elle n'était pas magicienne, mais elle n'était certainement pas comme elle. Comme eux. Billie arqua un sourcil et son visage prit un air moqueur. Elle resta un instant silencieuse, se mordant la lèvre inférieure pour ne pas laisser son excitation et son amusement prendre le dessus, puis fini par lui répondre. Normalement hein ? Déjà, lorsqu'on fait quelque chose de normal, on ne dit pas que c'est normal. C'est lorsqu'on fait quelque chose d'anormal qu'on précise que ce n'est pas normal. Elle ne pouvait dissimuler son sourire malicieux tant elle voulait lui faire comprendre qu'elle ne gobait pas un seul de ses mots. Et puis je connais tout le monde ici. Ce qui n'était d'ailleurs pas difficile. Peu de monde passait par l'orphelinat de Chester, hormis les sœurs qui y travaillaient et, parfois, quelques parents adoptants. Personne n'avait envie de voir la misère de ces enfants, préférant ignorer jusqu'à leur existence. Billie délaissa l'amusement de son sourire pour en dessiner un beaucoup plus sincère, accompagnant ainsi ses yeux admiratifs. Tu ne ressemble pas aux personnes qui passent par ici. Tu ne ressemble à aucune des personnes que j'ai pu voir de toute ma vie. Et ce n'était pas seulement ses vêtements. C'était aussi l'élégance qui se dégageait de sa façon de se tenir. C'était le raffinement de ses mots et de la façon dont elle les prononçaient. C'était la froide douceur de ses traits qu'elle affichait comme l'aurait fait la légendaire Anastasia Nikolaïevna de Russie. Il aurait donc été difficile de la rater si l'inconnue avait emprunté le chemin habituel, sachant que celles qui passaient généralement par là respiraient tout sauf la grâce naturelle qui était la sienne. Et puis je sais ce que j'ai vu. A force de ne compter que sur soi, on finit par ne plus douter. Mais ne t'en fait pas, je ne dirai rien, conclut-elle, arborant, cette fois, un sourire complice. Et puis de toute façon, qui la croirait ? Elle passait déjà pour une enfant à part, avec ses multiples théories surnaturelles, alors personne ne lui accorderait un quelconque crédit. C'était assez étrange comme les hommes refusaient de croire à ce qu'ils ne voyaient pas alors même qu'ils les avaient chassés durant des siècles. Comme pour les sorcières. Peut-être pensaient-ils en avoir suffisamment tué pour avoir débarrassé le monde de ces monstres. Ou peut-être que c'étaient eux, les monstres. Et prétendre que rien n'a jamais existé est parfois plus simple que d'assumer les erreurs passées. De plus, si Billie n'était pas certaine que la jeune femme qui se tenait devant elle soit réellement une magicienne, elle était persuadée qu'elle n'était pas une horrible créature. Certains hommes semblaient d'ailleurs bien plus mauvais. L'inconnue eut l'air de vouloir lui donner raison, semblant réceptive à ses hésitations. Et c'est d'une voix plus chaude qu'elle lui assura ne lui vouloir aucun mal. Billie perdit cependant quelque peu son sourire avant d'en arborer un plus modeste. Peut-être aurait-elle préféré qu'elle l'enlève, finalement. Elle ne regretterai personne et personne ne la regretterai. En réalité, elle était libre. Seulement trop jeune pour jouir pleinement de cette liberté. Elle retrouva bien vite son entrain face à cette femme pleine de mystère qui valait sûrement tous les parents du monde, et elle ne put s'empêcher de lui répondre avec une pointe de défi dans la voix. Ah ça... Même si tu le voulais, tu n'y arriverais pas. Difficile d'enlever une orpheline à ses parents, mais elle lui garda bien de préciser cette partie de l'histoire, ne souhaitant lui donner aucune information sur le lieu ou elle se trouvait. Elle était en effet persuadée que cela lui servirai plus tard.


Et ce plus tard, c'était maintenant. L'inconnue ne lui avait pas vraiment apporté de réponse quant à son identité, mais cette chose qu'elle tentait de cacher lui en apporterait sûrement davantage. Tout ce que l'on ne souhaite pas montrer est forcément plus intéressant que ce que l'on exhibe. En tout cas, Billie y croyait fermement et commença donc à mettre en place son chantage. Aux grands mots, les grands remèdes, non ? Elle n'avait aucun scrupule à utiliser le peu d'informations qu'elle avait pour en obtenir à son tour. Et puis cela semblait avoir très bien fonctionné puisque la jeune femme accepta le deal, lui demandant cependant de se retourner quelques instants. Billie obtempéra, non sans impatience. Que pouvait-elle bien trafiquer pendant que ses yeux ne la surveillaient plus ? Elle trépignait sur place, espérant seulement qu'elle n'en profiterait pas pour se volatiliser. Elle fixait distraitement l'horizon, oubliant le froid, le ciel bleu et même l'orphelinat. C'était un peu comme être dans une bulle. Soudainement, le monde extérieur n'avait plus de réelle importance, ni même de réelle existence. Seul comptait ce moment. Le mystère, la curiosité, l'espoir d'avoir raison. Elle, son identité, sa présence. Billie n'attendait qu'un signe de sa part pour se retourner et plonger avec envie dans cette mer inconnue ou la connaissance était sans doute infinie. Puis le signe arriva. Elle n'était pas partie. L'enfant se retourna, fixa quelques secondes ce visage devenant peu à peu familier et s'empressa de faire glisser ses yeux jusqu'à cette chose qu'elle ne tenait pas à lui montrer. C'était une petite sacoche qui renfermait en son sein quelques objets que Billie n'avait pas vraiment l'habitude de voir. Son émerveillement reprit le dessus et, sans demander un quelconque avis à celle qu'elle croyait être magicienne, elle posa ses deux mains autours de l'objet toujours tenu par l'inconnue. Elle fit cela délicatement, ce qui était assez rare pour elle, comme si l'objet en question avait été une petite chose fragile, inédite, peureuse. Elle sentit au passage la peau de la jeune femme, qu'elle trouva étonnamment chaude comparée à la sienne. Mais son intérêt était davantage porté sur les petites bouteilles en verre et le pot anonyme qui se trouvait dans la pochette et qu'elle prit plaisir à contempler. Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle sans même relever les yeux. La curiosité étant plus forte que la peur d'une mauvaise réaction, Billie plongea sa main droite dans le sac pour y attraper l'une des fioles. Elle s’écarta de la jeune femme et tendis le mystérieux liquide dans les airs pour pouvoir le contempler à travers les rayons du soleil. C'est toi qui as fait ça ? C'est Merlin qui t'as appris ? Et à quoi ça sert ? Est-ce que ça te fait rétrécir ? Ou grandir ? Ou devenir invisible ? Elle détacha finalement la potion du regard pour le reposer sur l'inconnue. Et le pot il sert à quoi ? Qu'est ce qu'il y a dedans ? Elle attendit quelques secondes mais il lui devenait très difficile de ne pas poser toutes ses questions. La soif de connaissances, sans doute. Elle voulait tout savoir et tout comprendre. Mais surtout, elle le voulait tout de suite. Elle en oublia d'ailleurs sa partie du marché. Peut être était-ce volontaire, finalement. Trop de choses demeuraient sans réponses pour qu'elle ne la laisse s'en aller. Elle ne voulait pas que tout soit déjà terminé alors qu'elle commençait à peine à toucher du doigt des mystères qu'elle cherchait tant à résoudre. Billie se rapprocha donc à nouveau de l'inconnue et, avant de continuer ses assauts, chercha à mettre un nom sur ce visage. Elle avait plongé son regard dans ses yeux clairs comme si elle voulait les transpercer. Fouiller derrière leur reflets bleutés pour approcher son âme et, subitement, tout comprendre. Tout connaître. La connaître. Comment tu t'appelles ? Ses derniers mots avaient été prononcés si bas qu'ils contrastaient certainement avec l'excitation dont elle avait fait preuve jusqu'alors. Peut-être s'était-elle épuisée elle-même face à tant de stimuli. Peut-être avait-elle vraiment réalisé que tout cela était réel, qu'elle était en train de vivre quelque chose d'unique.

Ou bien peut-être que tout ceci était simplement si incroyable. Si désiré. Si salvateur. Qu'elle en avait perdu la voix.


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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:16

Un air moqueur ponctuait son visage. Je devinais qu’elle peinait à me croire et qu’elle se raccrochait uniquement à ses propres idées, comme si elle ne comptait que sur elle-même. Elle ne croyait que ce qu’elle voyait et cela posait un réel problème. J’essayais de la mener vers une piste différente en lui affirmant que non, je n’étais pas une magicienne mais ma réponse avait eu l’effet de nourrir son scepticisme. La sienne la balaya d’ailleurs en quelques secondes.

Effectivement, j’aurais dû prendre plus de précaution dans l’emploi de mes mots. Visiblement, qualifier les choses de « normales » sonnait de manière anormal chez les moldus. On précisait seulement l’anormalité des choses et non pas le contraire. Il s’agissait là d’un concept que j’ignorais de leur monde et que j’avais du mal à comprendre. Ces moldus étaient bien à des kilomètres de notre monde… Peut-être que ceux qui suivent les cours d’Étude des Moldus à Poudlard le savent. Je me souvenais encore de m’être moquées de tous ceux qui prenaient cette matière au sérieux. Aujourd’hui, certaines de mes actions convergent vers un certain remord mais je ne peux qu’avancer et renier mon passé ne sert à rien.

La jeune fille fit ensuite remarquer qu’elle connaissait tout le monde dans cet endroit et que je ne ressemblais pas aux personnes passant par ces chemins, ni même à celles qu’elle avait pu apercevoir au cours de sa vie. C’était sans doute la tenue qui lui faisait penser cela et je n’avais actuellement pas les moyens de me changer en quelque chose de plus simple. Elle appuyait le fait qu’elle savait ce qu’elle avait vu et qu’elle ne dirait rien. Cependant, je ne la connaissais pas suffisamment pour lui faire totalement confiance.

« Tu réfléchis trop. Je sais que tu meurs d’envie de voir des sorcières ou des trolls à ton âge mais ça n’existe pas. Je suis juste de passage et… je viens d’une ville aux coutumes étranges, c’est tout. »

Si elle ne connaissait que cet endroit, alors elle serait forcée de se fier à mes paroles concernant un autre lieu qui serait assez lointain et étranger. Il fallait que je brise ses rêves parce qu’ils se rapprochaient justement trop de la réalité. Je me demandais si elle allait finir par lâcher prise mais j’étais quelqu’un de têtu, moi aussi. Et je ne comptais pas abandonner de sitôt. De plus, en dernier recours, je n’aurais plus qu’à employer ma baguette magique pour effacer cet incident. Le secret de la magie demeure depuis bien des siècles mais il faut bien avouer une chose, ce secret est né de la stupidité et de l’ignorance des moldus. On apprend, à Poudlard, les périodes moyenâgeuses durant lesquelles les sorciers se faisaient persécuter pour le simple fait de posséder des dons. C’est sur cette base que le Ministère s’est créé, dans le but de contrôler la communauté sorcière. Une facette sombre de moi me fait penser que cette jeune fille à la candeur évidente ignore que parmi ses ancêtres se cachent les pires déchets de l’humanité. L’ironie, c’est qu’elle-même ne semble pas méprisante envers ce qui n’est pas normal. Est-ce dû à son âge ? Je ne peux pas m’avancer, ma connaissance de ces personnes simples me dépassant totalement.

Sans que je ne m’y attende lorsque je lui assurai que je ne comptais pas lui faire de mal, le sourire de l’enfant s’effaça peu à peu. Elle me fit comprendre que je ne pouvais pas l’enlever à ses parents. Sa réplique m’intrigua et je me demandai bien de quoi elle voulait parler. Elle ne pouvait tout de même pas être seule ici, non ? Je n’insistai pas plus, sans doute peu animée par l’idée de m’intéresser à des éléments de sa vie personnelle. J’étais là pour obtenir des informations de sa part, après tout.

Quelques instants plus tard, après avoir lutté dans le but que sa curiosité ne fouille pas mes affaires, je finis par céder en lui imposant l’unique condition de se retourner. Je pus ainsi arranger ma sacoche de sorte à ce que rien ne lui serve de preuve. Pendant un instant, j’avais craint qu’elle écoute son impatience et qu’elle ne joue pas le jeu jusqu’au bout. Néanmoins, la moldue s’avéra obéissante et je pus aller jusqu’au bout des choses. Elle n’attendit pas plus longtemps pour se retourner, me fixant du regard comme pour me jauger, avant de s’attarder sur l’objet que je tenais.

J’étais un peu plus détendue, désormais. J’étais certaine qu’elle se contenterait de regarder par-dessus et de repartir avec une mine déçue. Ces quelques potions n’avaient absolument rien de spécial, si ce n’est guérir des poisons les plus rares, guérir les enflures à une vitesse prodigieuse ou encore conférer un état de force temporairement. Seulement, force est de constater que j’anticipe très mal ses réactions et que mes estimations sont fausses. Elle me parut encore plus impressionnée que toute à l’heure et elle posa ses mains sur l’objet avec une douceur étonnante, sa peau frôlant l’une de mes mains. Le contact était froid. C’était étrange la manière dont un frisson me parcourut à la seconde même où son épiderme caressa le mien. Me faire toucher par une moldue… Ce n’était jamais arrivé. J’oscillais entre le dégoût et une agréable sensation qui m’était familière. Non, ce n’était pas du dégoût. Moldu ou sorcière, elle reste une enfant. Elle me rappelle ma propre fille qui bénéficie de toute ma tendresse. Et d’un seul coup, je me sens me relâcher, comme si ce simple contact venait de faire effondrer lentement mes défenses.

Puis, dans un élan de lucidité, je me ressaisis.

« Tu ne devrais toucher à rien. » M’empressai-je de lui dire en fronçant les sourcils tout en tirant doucement la sacoche vers moi, en vain.

Malheureusement, c’était trop tard. Voilà que la petite venait de s’emparer d’une fiole au liquide orangé et pailleté. Je fis un pas en avant pour la lui reprendre des mains mais elle s’écarta avec vigueur avant de la tendre dans les airs pour l’analyser.

« Rends-moi cela tout de suite, petite ! » M’exclamai-je, outrée.

J’affichai un air sévère pour la contraindre à me rendre la potion. Pourtant, j’avais l’impression d’endosser le rôle d’une mère en train de gronder son enfant. Cela me mettait un peu mal à l’aise et j’ignorais la raison pour laquelle je me sentais si ‘maternelle’ avec cette inconnue. Toutefois, elle ignora royalement mon ordre, se contentant de me poser toute une série de questions qui me confirma à quel point elle ne me croyait toujours pas, même après avoir tenté de lui mentir à mon sujet. Mais je n’allais pas céder non plus.

« Ce n’est pas Merlin qui a fait ça et ça ne fait pas rétrécir, ni grandir et ça rend encore moins invisible ! Ca permet de guérir de… euh.. du rhume. Une vieille recette de grand-mère, c’est tout. Et le pot permet de soigner des blessures superficielles. Allez, tu ferais mieux de reposer ça, jeune fille ! »

Je n’aurais sans doute dû jamais accepter de lui montrer le contenu de ce sac. Heureusement qu’elle s’approcha suffisamment de moi pour que j’en fasse de même et que je lui reprenne la potion des mains. Un nouveau contact fut inévitable et celui-ci fit de nouveau émerger les mêmes émotions étranges qui me parcouraient toute à l’heure. Et ce regard qui me détaillait… Non, vraiment, je me sentais devenir folle. Cette moldue était vraiment enquiquinante… et si différente des autres à la fois. Spéciale, peut-être. Je rangeai machinalement la fiole dans ma sacoche avant de soutenir son regard tandis qu’elle me demanda mon prénom. Mais sa question me parut si floue contrairement à ce que mes pupilles percevaient. Je la voyais de si près que certaines choses sautaient désormais aux yeux.

Son visage n’était pas aussi adorable que cela. Je voulais dire par là qu’il n’était pas uniquement frappé par sa candeur mais également par des marques sombres. Des bleus. Je ne prononçai pas un mot tandis que je scrutai ces maux qui amochaient son faciès. Sur une simple intuition, je baissai les yeux en direction de ses bras et je crois que mes habitudes de guérisseuse prirent le dessus sur mes autres pensées. J’osai la toucher de nouveau en lui prenant le bras, relevant sa manche qui dévoila l’étendue de ces ecchymoses. Tristesse. Comment avais-je pu ne pas m’en apercevoir plus tôt ?

Je passai sous silence mon prénom, préférant bien plus m’intéresser à ses bleus inquiétants pour le moment. Et puis, elle allait de nouveau nourrir l’espoir que Merlin existe vraiment si je lui révélais mon véritable patronyme.

« Qu’est-ce qu’il t’est arrivée ? Ta famille te bat ? » Demandai-je en conservant mon sérieux.

J’avais posé cette dernière question au hasard ; il pouvait s’agir de ses parents tout comme de ses amis. Je tentai au mieux de dissimuler mon inquiétude et de refouler l’appréhension que j’avais à l’idée de sa réponse. Ce n’était qu’une moldue, non ? Une part de moi se rassurait de cette manière. Mais l’autre part, étonnamment altruiste, reprenait mon ancien argument ; moldu ou non, elle restait un enfant. Je tendais plutôt à croire cette dernière…


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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:17



« Leurs regards se rencontraient encore. Ils auraient d'ailleurs pu donner l'impression de se toiser. Billie voulait la convaincre qu'elle savait. Et elle voulait la convaincre qu'il n'y avait rien à savoir. Elles débattaient de cette normalité que toutes deux prétendaient connaître, ne laissant pas à l'autre la possibilité de gagner du terrain. L'enfant pensait avoir réussi à piéger l'inconnue, retournant ses propres paroles contre elle, mais elle semblait pleine de ressources et persistait à nier sa particularité. Soit. Qu'elle l'admette ou non, Billie restait persuadée qu'elle avait raison. Et si l'inconnue refusait d'avouer maintenant, elle le ferait certainement plus tard. En tout cas, Billie ne comptait pas laisser tomber. D'ailleurs, pour la première fois de sa vie, on l'accusa de trop réfléchir. On l'avait accusé de beaucoup de choses. De ne pas prier. De ne pas respecter le règlement. D'être trop vulgaire. Trop violente. Trop étrange. Mais pas une fois il lui avait été reproché de trop réfléchir. C'est ce qui se rapprochait le plus d'un compliment, non ? C'était peut être pour cela que la jeune fille ne quittait pas son sourire. Et puis l'inconnue n'avait pas tort. Elle mourrait d'envie de voir des sorcières et des trolls. D'une ville aux coutumes étranges... Billie répéta ces quelques mots lentement, sans détourner les yeux de celle qui l'intriguait tant. Etait-ce une façon d'avouer qu'elles n'étaient pas du même monde ? Ou bien était-ce une autre tentative pour la faire douter de la réalité de ce qu'elle avait perçu ? Essaye toujours. Ça doit être drôlement loin comme endroit ! Elle affichait encore un air oscillant entre la moquerie et l'amusement. Tout ceci représentait tellement qu'elle ne pouvait pas se permettre de remettre en question sa foi. Elle préférait foncer droit sur ses idées, à tort ou à raison. Car si elle se trompait, si cette femme n'était, justement, qu'une femme, alors la vérité serait plus difficile à supporter que de se complaire dans un mensonge. D'ailleurs, n'avait-elle pas eu raison de croire qu'elle n'était pas mauvaise ? Car si l'inconnue refusait encore de dévoiler sa nature, elle avait été claire sur le fait qu'elle ne lui voulait pas de mal. Une preuve suffisante que Billie devait faire confiance à ce qu'elle avait vu. Et à ce qu'elle ressentait.


La suite n'était finalement qu'un indice supplémentaire lui montrant que la voie qu'elle empruntait était la bonne. La mystérieuse jeune femme accepta de lui montrer l'objet qu'elle souhaitait tant cacher et la curiosité de l'enfant n'en fut qu'amplement satisfaite. Elle avait l'impression de découvrir un peu plus chaque seconde un monde qui n'était pas le sien. Ses yeux émerveillés se posèrent sur le liquide brillant, ruisselant à l'intérieur de la fiole en verre. C'était à peine si elle entendait les protestations de l'inconnue tant ce qu'elle voyait lui faisait se poser mille et une questions. Elle aurait presque voulu boire le contenu du petit objet, simplement pour en ressentir les effets. Pour se prouver qu'elle avait raison. Pour sentir cette magie en elle comme ses yeux l'avait vu un peu plus tôt. Mais elle n'en eu pas l'occasion. Alors que son esprit tentait d'imaginer tous les effets que pouvait produire ce liquide, une douce chaleur enveloppa sa main. Et si la sensation était en premier lieu agréable, ce ne fut pas le cas longtemps. En effet, il s'agissait simplement de l'inconnue qui, probablement lasse que Billie fasse la sourde oreille, récupéra son bien de la même façon qu'il lui avait été dérobé. Bien évidemment, la jeune fille protesta. Hey ! Rends-la moi ! Et en plus de lui avoir repris l'objet de sa contemplation, l'inconnue refusa de répondre à ses questions. C'était le pompon. C'est donc avec un ton des plus agacés qu'elle s'adressa de nouveau à elle. Du RHUME ? Elle la prenait pour une demeurée. Et depuis quand les grand-mères elles mettent des paillettes dans leur recette ? Bon, à ce niveau là, elle n'en savait rien. Elle n'avait jamais eu de grand-mère. Mais c'était un argument en plus et, de toute façon, elle peinait tout de même à la croire. Tu dis n'importe quoi. Elle afficha donc quelques secondes une mine consternée, contrariée. Les sourcils froncés, elle la fixait comme elle l'aurait fait devant n'importe quel autre adulte en train de se foutre littéralement de sa tête. Seulement voilà, ce n'était pas n'importe quel adulte. Et, contrairement aux autres, elle n'en avait pas rien à faire. Elle se sentit donc soudainement mal à l'aise, comme si hausser le ton face à cette inconnue la faisait se sentir coupable. Or la culpabilité était un sentiment qu'elle ne côtoyait pas souvent. Ce qui le rendait d'ailleurs d'autant plus étrange. Elle n'aimait pas du tout cela. Alors comme pour oublier ces remords dérangeants, elle préféra replonger dans ses rêveries et imaginer l'étendue des pouvoirs qui se dissimulaient derrière cette femme. Elle se souvenait avoir lu que Merlin était capable de se métamorphoser. Peut-être qu'elle aussi. Oh bien sûr, elle le nierait sûrement, mais Billie aurait particulièrement aimé voir cela. Peut-être se baladait-elle sur un balai volant. Peut-être avait-elle préparé ces potions dans un vieux et lourd chaudron d'une grotte humide, un hibou sur l'épaule. Elle voulait lui demander tout cela. Elle voulait insister, l'interroger, l'analyser. Et c'est là qu'elle réalisa qu'elle ne connaissait même pas son nom. Or le nom des choses leur donne toute leur valeur, comme le nom des gens trahit qui ils sont. C'est en tout cas ce qu'aurait dit l'un de ses auteurs favoris aux idées parfois plus fantasques que les siennes. Alors elle choisit de lui poser cette question-ci avant toutes les autres. La première question. L'essentiel. Elle voulait savoir qui elle était vraiment.

Mais étrangement, elle n'eut aucune réponse. Aucune parole. Aucune remarque. Rien. Billie la fixait avec espoir et excitation, prononçant ses quelques mots d'une voix des plus effacées. Mais le regard de l'inconnue avait changé. Elle ne savait pas pourquoi, mais il avait changé. Elle semblait la dévisager. Elle semblait être ailleurs. Et Billie ressentit un autre mal-aise. Il n'était cependant pas lié à une quelconque culpabilité, non. Il était seulement issu de la réaction inattendue de la jeune femme. L'enfant ne comprenait toujours pas. Peut-être était-elle allée trop loin ? Peut-être l'avait-elle énervée ? Elle avait du mal à cerner les émotions qu'elle lisait sur ce visage. Mais cela ne semblait pas être de la colère, ni aucune autre forme d'agressivité. Pourtant, son cœur s’accéléra quand même. Et lorsque l'inconnue s'approcha pour poser une main sur le bras de Billie, un sursaut involontaire s'empara d'elle. Mais cette confiance qu'elle avait ressenti dès les premières secondes la poussa à se laisser faire. Le contact délicat de l'inconnue était également rassurant et Billie se contenta de la fixer, interloquée, tandis qu'elle remontait sa manche. Peu à peu, son cœur reprit une allure normale et elle se sentit plus apaisée. En réalité, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle avait pu craindre, mais le fait ne de pas comprendre son changement d'attitude l'avait probablement inquiétée. Quoiqu'il en soit, elle leva des yeux plus confiants sur la magicienne lorsque celle-ci sortit enfin de son mutisme. Billie comprenait enfin que les marques sur son corps étaient à l'origine de tout cela. Pourtant, elle n'était pas certaine du sens de sa question, ne sachant trop quoi répondre. Non ? Sa réponse n'en était pas vraiment une. Bien entendu, elle comprenait la notion de maltraitance, mais de là à pouvoir l'assimiler à son cas, c'était une autre histoire. Ce qui était sûr, c'est que cela ne venait pas de sa famille. Ça, au moins, elle l'avait bien compris. Je n'ai pas de famille. Mais je me bat souvent. Son visage prit une moue plus fière. Mais tu sais, c'est pas parce que j'ai des bleus que je ne gagne pas ! Elle désigna une large ecchymose sur son épaule. Là, c'était Gilbert. Il m'a poussé dans les escaliers et il croyait que ça m'avait mis KO. Sauf que non. Alors quand il est descendu et qu'il s'est penché sur moi, je lui ai mis un super coup de tête ! Et c'est lui qui était KO. Billie souriait. Elle était assez contente de cette histoire. Se battre permettait de survivre, mais gagner permettait de se faire respecter. Une mode de fonctionnement qu'elle pensait assez répandu alors que, finalement, il ne l'était que pour eux. Mais cela fonctionnait bien. Gilbert ne l'avait plus touchée depuis. Son regard se posa à nouveau sur l'inconnue et elle afficha cette fois un air plus coupable. Bon, après, je suis souvent punie. Je crois que c'est moi qu'on corrige le plus. Ouais. Braver les interdits n'étaient pas vraiment du goût des sœurs. Et son comportement était loin d'être exemplaire. Billie laissa finalement planer un léger silence avant de poursuivre. Elle n'était pas certaine que ce soit ce que l'inconnue voulait entendre, alors elle tenta de la rassurer, modérant ses propos. Mais tu sais, d'habitude, j'en ai moins ! Ça arrive surtout quand le Père Celynen est là. Son sourire s'effaça malgré elle et ses yeux se perdirent dans le vague. Elle revoyait mentalement son visage austère renforcé par le noir de sa soutane. Lui aussi la corrigeait souvent, mais ses méthodes étaient bien moins faciles à vivre. Heureusement qu'il ne venait qu'une fois par mois. Je ne l'aime pas... Pas du tout même. La simple évocation de son nom lui donna un long frisson. Elle ne l'avouerait sûrement pas, mais elle avait peur de lui. Très peur, même. Il est...

Billie !

Une voix rauque s'éleva dans les airs que Billie reconnu facilement. Elle s'écarta de la jeune femme pour se retourner en direction de l'orphelinat. Un homme vêtu de noir se dirigeait vers elles d'un pas pressé. Ce n'était pas bon. Pas bon du tout. La jeune fille lança un regard affolé à la magicienne, avant de prononcer quelques mots à peine audibles. Il faut que tu partes. L'adrénaline faisant sûrement son effet, Billie se sentit soudainement plus vive. Elle s'approcha de l'inconnue et la poussa en arrière. Vas-t-en ! Fais-toi disparaître ! Deviens invisible, je sais pas ! Elle la poussa encore. La dernière chose qu'elle souhaitait était que cet homme tombe sur elle. Vu l'étendue de sa bêtise et l'intensité de ses croyances, Billie n'avait que peu confiance en sa capacité d'écoute et de compréhension. Manquerait plus qu'il la brûle. Il en serait capable, ce con. Et alors qu'elle tentait encore de repousser la jeune femme, cinq doigts agrippèrent fermement son bras gauche et la tirèrent en arrière. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ! Tu as frappé Théodore ? Le prêtre faisait évidemment référence au jeune garçon avec qui elle s'était battu avant l'arrivée surprise de l'inconnue. Mais ce n'était pas de sa faute, il avait commencé. Et en plus, il avait gagné. Elle secoua donc vivement la tête de gauche à droite, ce qui lui valu une main en plein visage. Il saisit alors violemment sa mâchoire et, plantant ses yeux verts dans les siens, lui dit avec dureté: Mentir est un pêché. Ne me mens pas. Puis il les releva finalement sur la jeune femme, comme s'il venait seulement de remarquer sa présence. Le bras de Billie toujours fermement tenu, il la toisa d'un air sévère. Si cette enfant vous a causé du tort, elle en sera bien punie, croyez-moi. Des paroles que la jeune fille aurait préféré ne pas entendre. Mais je dois également vous demander ce que vous faites ici. Les visites sont interdites. L'orphelinat n'est pas un moulin. Si vous voulez rencontrer les enfants en vue d'une adoption, il faut prendre rendez-vous. Et je vous préviens, il y a une sélection. Sélection, tu parles. Il n'y avait que très peu d'adoptions, à croire qu'ils voulaient les garder ici. On ne vient pas n'importe quand. Il laissa ses yeux glisser de haut en bas, s'attardant sur le physique de l'inconnue, avant de les replanter dans ses iris bleutés. Ni vêtu n'importe comment. Nous sommes catholiques, Madame. Vous vous devez de faire un effort. J'espère donc que vous avez une bonne raison d'être ici, dans le cas contraire je me verrais contraint de contacter les autorités. Nous devons protéger les enfants de personnes malveillantes, je pense que vous comprenez. A ces mots, il tira de nouveau Billie en arrière, resserrant un peu plus son étreinte.

Cette fois, elle ne pouvait cacher qu'elle avait peur. Peur pour elle-même et ce qui l'attendait, mais également peur pour l'inconnue et ce qu'elle encourait. Tout ceci était arrivé par sa faute. Parce qu'elle avait été trop égoïste pour la laisser s'en aller.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:17

Son sourire moqueur commençait à m’agacer, en plus du fait qu’elle ne me croyait toujours pas. Je n’avais pas de temps à perdre avec ce genre de conversations, alors qu’une patiente m’attendait depuis un moment. Ce n’était pas toujours simple de garder son sang-froid face à un tel obstacle et je dois bien avouer que j’aurais sûrement obtenu un meilleur résultat si je lui faisais boire du véritaserum en lui faisant croire que cela lui permettrait de pouvoir voler. Cette idée n’était pas si ridicule, d’ailleurs. J’y songeai durant quelques secondes avant de me résigner à ne pas vouloir céder, une fois de plus, aux interdits. Je me contentai de lever les yeux au plafond en poussant un soupir d’irritation, avant de passer à la suite. Elle devrait faire avec la seule information que je venais de lui donner, à savoir le fait que je venais d’une ville lointaine.
Quelques temps plus tard, je venais de remettre la main sur le fameux flacon dont elle venait de s’emparer sans ma permission. Ne lui avait-on donc pas appris qu’il était vraiment impoli de toucher aux objets qui ne lui appartenaient pas ?

« Non, on ne touche pas à ce qui n’est pas à soi ! »

D’un air sévère, je l’avais réprimandée et cela ne sembla pas lui plaire de voir la potion lui être retirée aussi rapidement. Cependant, je me fichais bien de son caprice ; elle n’avait pas à entrer en possession de mes propres affaires. Par ailleurs, elle venait de soulever un point pertinent et auquel je n’avais pas pensé plus tôt : les potions moldues ‒ ou du moins les médicaments ‒ n’étaient pas pailletées et ce breuvage trahissait parfaitement son origine. Je n’y avais pas pensé dès le départ et je m’en voulus donc d’une telle négligence. Pourtant, il m’était déjà arrivée d’étudier les recherches moldues dans le domaine de la médecine. Agacée elle-aussi, elle ne semblait pas croire ce que je lui disais au sujet du fait que cette préparation visait à guérir le rhume. Toutefois, elle allait devoir se tenir à cette réponse parce que je ne comptais pas décrédibiliser mes propos en changeant de version.

« Cela guérit bel et bien du rhume, affirmai-je avec certitude et fermeté. Et c’est le soleil qui te donne l’impression que ce sont des paillettes. En vrai, ça ne le sont tout simplement pas, il s’agit juste de microcapsules qui contiennent le principe actif et dont leurs nombreuses facettes se reflètent avec la lumière. »

Une excuse scientifique suffisamment crédible et complexe pour elle pour qu’elle me lâche sans doute la grappe à ce sujet. Je lui souris avec une confiance plus grande encore, victorieuse sur ce coup-ci. En vérité, ces paillettes venaient d’une corne de licorne raclée au couteau. La moldue semblait assez contrariée, ce qui m’amusa dans un sens. Ses sourcils froncés, elle cherchait certainement un moyen de me tirer les vers du nez mais, bien rapidement, elle hésita. Une lueur de culpabilité ? Je n’en savais rien. En tout cas, elle abandonna le débat et se porta sur autre chose. Très bien, cela me convenait ; Merlin pouvait dormir en paix dans sa tombe, son existence ne serait pas révélée. Mon prénom non plus, d’ailleurs. Mon attention venait d’être redirigée vers quelque chose que je n’avais pas remarqué jusqu’à présent. Avec la présence de ces bleus, je me demandais bien qui pouvait bien la maltraiter. J’avais posé ma main sur elle avec douceur pour lui prendre le bras, ce qui suscita une certaine méfiance de sa part avant qu’elle ne se relâche. Je lui avais donc posé la fameuse question, tout en laissant mes doigts parcourir le long de son avant-bras couvert d’ecchymoses. Ce n’était pas joli joli et j’esquissai une légère grimace. Je relevai de nouveau le regard vers quand elle me répondit négativement, un peu hésitante. Je me penchai un peu plus pour observer son visage, gardant tout de même certaines distances pour ne pas l’affoler. D’ici, je percevais tous les détails de son épiderme et je pouvais même voir mon propre reflet dans ses belles prunelles. Néanmoins, ce que j’observais, c’était bien les traces de coups qu’on lui avait fait subir.

Elle ajouta qu’elle n’avait pas de famille mais qu’elle se battait beaucoup. Son sourire en était assez cocasse. Etrangement, elle ne parut pas s’apitoyer sur son sort, m’apparaissant plutôt comme une enfant fière de ce qu’elle faisait. Peut-être s’agissait-il d’une carapace ? En tout cas, elle poursuivit en me racontant les détails d’une anecdote qui lui avait valu une marque sur l’épaule. La moldue ointant le doigt au-dessus, je laissai glisser mes yeux jusqu’à la hauteur de ce fameux bleu. C’était une histoire étrange. Elle n’avait pas de famille mais vivait avec d’autres enfants de son âge dont au moins l’un d’eux s’en prenait à elle et vice versa ?! Je jetai un coup d’œil rapide au bâtiment qui dominait les environs ; est-ce que tout était lié ?
« Une petite fille ne devrait pas s’habituer à devoir se battre de cette façon et encore moins à se faire battre. » Répondis-je, outrée, les yeux presque écarquillés.

La suite confirma peu à peu mes pensées ; on la corrigeait et elle était celle qui était la plus sanctionnée. Ce système me rappelait celui d’un centre éducatif pour jeunes sorciers sans foyer. Un orphelinat, pour des termes plus classiques. La seule différence était que les punitions n’étaient pas épouvantables ; on avait cessé de pendre les enfants par les chevilles, préférant des corrections plus pédagogiques.

« On te corrige en te frappant également ? » Continuai-je, sur le même ton sidéré.

J’ignorais qui était ce Père Celynen mais cette dénomination ne m’inspirait pas confiance. Elle me rappelait les religions, ces institutions du non-sens et du charlatanisme qui envoutent les esprits les plus faibles. Cela me rappelle même les croyances du sang-pur. Il existe aujourd’hui des recherches médicales visant à prouver que la sorcellerie n’a rien à voir avec le sang. Cela dit, il que j’avais toujours été endoctrinée dans cette idéologie et que, dans l’attente de preuves, je ne pouvais pas non plus prétendre qu’il n’y avait pas de pureté de sang. Quoi qu’il en soit, que cette pureté existe ou non, elle ne signifie pas pour autant que les moldus doivent être reniés de ce monde ou détestés, ainsi que leurs enfants dotés de pouvoirs. « Il est… ? »
La petite ne put poursuivre sa phrase et elle ne la compléta pas malgré ma relance. Pour cause, une voix agreste et rauque s’éleva, tonitruante et ferme, fendant l’air jusqu’à nous. Elle fit presque vibrer mes tympans et elle sonna comme un tonnerre grondant.
Billie !

Ainsi, mon interlocutrice se nommait Billie ? Celle-ci se retourna en direction du bâtiment et mes yeux suivirent son mouvement. Une silhouette noire s’avança rapidement vers nous. Je me relevai, lâchant le bras de l’enfant. Ce n’était pas un bon signe pour moi qui tentais d’éviter les moldus au maximum. Une seule me suffisait déjà à me créer des problèmes, alors deux… Il fallait que je trouve une solution pour me tirer de là, le plus vite possible. Je me sentis un peu plus tendue et irritée par la situation qui m’était de moins en moins favorable. Je me tâtai à sortir rapidement ma baguette magique pour pétrifier l’homme vêtu de noir et lui retirer ses souvenirs. Suite à cela, je n’aurais plus qu’à m’en prendre à la fille. Une main se faufilant sous mon manteau pour saisir ma baguette, je ne pus aller au bout de mon intention, secouée par la fameuse Billie qui me poussa en m’ordonnant de disparaître ou de devenir invisible. Non mais pour qui se prenait-elle à me bousculer de façon aussi désinvolte ? Décidément, l’orphelinat ne lui avait pas appris les bonnes manières ! Je la fusillai du regard pour lui faire comprendre qu’il y avait des limites à ne pas dépasser.

« Hé, du calme ! Et ne t’avise plus à me pousser encore une fois ! »

Je ne la lâchai pas du regard pour soutenir ma menace, jusqu’à ce que l’homme arrive à notre hauteur. Elle continua de me pousser encore lorsque, sous mes yeux, l’inconnu agrippa sévèrement l’enfant par son bras gauche pour la tirer en arrière. A ce moment-là, l’envie de sortir ma baguette fut plus forte que jamais. J’ignorais pourquoi cette impulsivité venait me submerger mais mon instinct me dictait que les choses risquaient de mal tourner et que moi seule possédais la clé de sa résolution. Devais-je le faire ? L’hésitation était mon actuelle faiblesse et je laissai le moldu s’exprimer. Il s’adressa à Billie en lui demandant si elle avait frappé un certain Théodore qui était sûrement un de ses camarades de l’orphelinat. Je me demandais si ce n’était d’ailleurs pas cet homme le fameux « Père ». Il en avait l’allure. La fillette hocha négativement la tête mais j’avais l’intuition qu’elle lui cachait la vérité pour éviter le pire. Malheureusement, son alibi n’eut pas l’effet escompté et l’homme lui plaqua sa main contre son visage, apportant une forte poigne au niveau de sa petite mâchoire avant de l’observer bien dans les yeux. J’osai un pas en avant, consternée par cette manière de procéder. Mentir est un pêché… Un pêché. C’était bien ce que je pensais, celui-là était bel et bien un religieux et je n’éprouvais que du mépris pour les religions moldues qui n’avaient fait que du tort par le passé, en passant par le Moyen-Âge. C’était à cause d’elles que les sorciers étaient chassés et exécutés. Je serrais les dents, un regard assassin se formant presque à l’égard de ce prêtre. Toutefois, lorsqu’il s’adressa à moi, il ne sembla nullement s’en apercevoir. Il osait même me toiser, cette vermine.

« Si cette enfant vous a causé du tort, elle en sera bien punie, croyez-moi. Mais je dois également vous demander ce que vous faites ici. Les visites sont interdites. L'orphelinat n'est pas un moulin. Si vous voulez rencontrer les enfants en vue d'une adoption, il faut prendre rendez-vous. Et je vous préviens, il y a une sélection. On ne vient pas n'importe quand. Ni vêtu n'importe comment. Nous sommes catholiques, Madame. Vous vous devez de faire un effort. J'espère donc que vous avez une bonne raison d'être ici, dans le cas contraire je me verrais contraint de contacter les autorités. Nous devons protéger les enfants de personnes malveillantes, je pense que vous comprenez. »

Cette prétention qui dotait chaque mot qu’il me débitait m’horripilait.

Un moldu qui ose monter sur ses grands chevaux… face à une sorcière telle que moi. Ignoble déchet. Mes pensées les plus sombres resurgissaient drastiquement, sans attendre. On en parlait de sa tenue douteuse digne des Weasley ? Cela me donnait envie de vomir et si je n’étais pas aussi calme, je lui aurais sans doute jeté un maléfice cuisant pour lui apprendre la courtoisie. Croisant les bras, je dissimulai mes poings qui se resserraient. Il ne perdait rien pour attendre s’il osait s’aventurer sur ce terrain froid. J’étais prête à l’accueillir de la plus détestable des façons. Sur un ton glacial, je répliquai :

« Elle n’a rien fait, soyez-en rassuré. Et je n’ai nulle intention d’adopter qui que ce soit, bien que je pense que cette enfant serait sûrement entre de meilleures mains ailleurs que dans cet endroit putride. Je ne vous permets d’ailleurs pas de me parler sur ce ton, sale moldu. »

La colère parlait. Je n’avais aucune peine à éprouver un dégoût profond pour cet énergumène de la pire espèce. Je jetai un coup d’œil à l’enfant, un coup d’œil qui conservait les marques de ma froideur mais qui souhaitais également lui apporter une certaine compassion.

« Je n’ai aucun effort à faire à l’égard d’une crapule de votre genre ; c’est vous qui devriez remettre en question votre médiocrité, ainsi que votre esprit étriqué. Navrée de vous l’apprendre mais votre Dieu n’a jamais existé. Ce n’est qu’une pure industrie visant à manipuler les esprits vulnérables à travers leur désir de croyance ou d’espoir. Et visiblement, vous entretenez à merveille la détérioration de votre misérable cerveau ! » Tonnai-je en faisant un pas vers lui, le dévisageant avec dédain tout en étirant un sourire vengeur et carnassier.

La victoire était à ma portée, je venais de lui porter le coup de trop. Le visage du Père se durcit, visiblement sidéré par mon annonce insolente. Ses yeux affrontèrent les miens avant qu’il ne recule d’un pas, son étreinte serrant davantage la fille qui paraissait en souffrir.

« Relâchez-là ! » Ordonnai-je, plus agressive que jamais.

Il refusa toutefois de le faire, la tenant toujours par la mâchoire d’une main et de l’autre son épaule gauche.

« Votre blasphème vous le fera payer très cher, madame ! Dieu ne vous le pardonnera pas, enfant du diable que vous êtes. Tenez-vous loin de cet orphelinat ou vous le regretterez. Votre arrogance ne m’impressionne pas et cette fille appartient à notre institution, vous n’avez strictement aucun droit sur elle. J’ignorais que Billie côtoyait des personnes comme vous durant la récréation. Je comprends d’où vient son insolence et son manquement à l’éducation de l’orphelinat et elle sera sévèrement punie pour cela ! Mais avant cela, je me ferai un plaisir d’appeler les autorités. »

Mon rythme cardiaque s’accéléra en même temps que mon courroux. D’un autre côté, mon regard croisa celui de la petite dont l’angoisse semblait s’accentuer. Elle craignait cet homme et je la sentais impuissante face au sort qui l’attendait. Une part de moi culpabilisait mais je balayais bien vite ce sentiment, remettant entièrement la cause de ce litige sur les épaules de cet insecte qui se tenait devant moi.

« Appelez-les donc, je les attends. Mais je ne vous le répéterai pas une dernière fois : Relâchez-là tout de suite ou vous le regretterez amèrement. » Terminai-je, plus menaçante et orgueilleuse que jamais.



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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:20

« Elle mentait. Il était certain qu'elle mentait. Mais Billie ne tomberait pas dans son piège, d'autant plus que cette petite fiole brillante lui prouvait à quel point elle devait persister dans son idée. Fiole qu'elle avait par ailleurs dérobée rapidement à l'inconnue. Mais comme bien souvent, lorsqu'elle se faisait attraper, cela ne lui plaisait absolument pas. Elle entendait déjà une petite voix lui susurrer : tel est prit qui croyait prendre. Ou encore : qui vol un œuf, vol un bœuf. Conneries de proverbes. Et puis cette fiole n'avait rien d'un œuf. En plus ce n'était pas un vol, seulement un emprunt, histoire de vérifier de plus près qu'elle était dans le vrai. C'était donc tout à fait légitime qu'elle s’énerve lorsque l'inconnue s'interposa entre ses réflexions et sa contemplation, n'est-ce pas ? Apparemment pas. Elle, elle n'avait pas vraiment l'air de cet avis, puisqu'elle refusa de lui rendre l'objet malgré les protestations de Billie. La jeune femme soutenait son regard, mais l'enfant ne baissa pas les yeux, décrétant par ailleurs que son excuse était totalement pourrie. Un rhume, non mais sérieusement. Alors elle la fixait, une moue contrariée collée sur son visage, jusqu’à ce que l'inconnue reprenne la parole avec aplomb. Il faut dire que sa seconde explication était plutôt convaincante. Enfin, surtout compliquée. En réalité, Billie n'avait absolument rien compris. Du coup, elle ne savait pas quoi rétorquer non plus. Mais juste pour souligner qu'elle n'était toujours pas convaincue, puisque, par principe, elle ne la croyait pas, elle continua de la fixer de ses yeux capricieux, laissant tout de même paraître un léger doute au milieu de ses traits. Et si Billie n'avait pas vraiment saisi l'explication de l'inconnue, elle avait cependant parfaitement interprété son sourire satisfait, ce qui eut le dont de totalement lui taper sur les nerfs. Il fallait qu'elle redescende, elle était loin d'avoir gagné la guerre. Elle lui renvoya donc le même sourire, rapide, en version sarcastique et semblant davantage à une grimace. A défaut de pouvoir répliquer quoique ce soit, elle lui aura au moins témoigné son indignation.


Mais ce petit jeu ne dura finalement pas si longtemps que cela. Et si Billie avait pu connaître la suite, elle en aurait davantage profité. Terminé les rêveries sur les trolls et sur Merlin, l'inconnue avait mis le doigt sur quelque chose de beaucoup moins amusant. Elle s'était ainsi approchée de l'enfant pour lui saisir le bras. Ce contact avait quelque chose d'étrange. Peut être parce qu'il était doux. Ou effrayant. Ou peut être bien parce qu'il était les deux. Il était assez rare de croiser des inconnus, à l'orphelinat de Chester. Et il l'était encore plus de les toucher. Billie n'était donc pas habituée aux contacts humains, et la majorité de ceux qu'elle avait connu n'avaient pas été des plus agréables. L'inconnue s'approcha encore et Billie en profita pour l'observer de plus près. Ses cheveux noirs tombaient sur son joli visage, faisant ressortir sa peau claire et ses grands yeux bleus. Elle semblait étudier quelque chose. Peut être l’hématome parcourant sa pommette ? Elle suivait le parcours de ses iris, curieuse de connaître ce qui retenait tant son attention et finit par comprendre qu'il s'agissait de ses bleus. Elle lui apporta donc l'explication la plus simple qu'elle pouvait trouver. Mais apparemment, l'inconnue ne semblait pas tout à fait convaincue, lui affirmant que « Une petite fille ne devrait pas s’habituer à devoir se battre de cette façon et encore moins à se faire battre. ». Billie la fixa un moment, interloquée. Cette femme disait vraiment de drôles de choses. Et en plus de cela, elle semblait sidérée, posant sur la jeune fille ses grands yeux clairs si mystérieux. Se battre était pourtant la chose la plus naturelle du monde, comment cette inconnue pouvait-elle ne pas comprendre ? Comment réussissait-elle à vivre et à exister sans avoir à se montrer plus forte ? Billie était hésitante, mais finit par lui répondre d'une voix presque effacée. Mais si je ne me bats pas pour moi-même, qui le fera ? La suite semblait tout aussi étonnante à l'inconnue, ce qui ne manquait pas d'interroger l'enfant. Elle se demandait bien ce qui pouvait la surprendre autant. Bien sûr, le Père Celynen était bien plus sévère que les autres, et elle espérait qu'il n'en existe pas deux comme lui. Mais quel enfant ne se fait pas punir par quelques coups ? Alors elle acquiesça lorsque cette question lui fut posée. Cependant, elle se sentit obligée de préciser que les sœurs n'étaient pas aussi méchantes. C'était lui, le pire. C'était lui qui faisait vraiment mal. Elle avait d'ailleurs quelques difficultés à en parler. Il est... cruel. Il n'était pas question de se faire taper sur les doigts ou de se prendre quelques coups de règles, non. Il fallait frapper fort. Et aux âmes réticentes, il répétait souvent que la Bible elle-même ordonnait un tel traitement. Chapitre 23, verset 13 : "N'épargne pas la correction à l'enfant; Si tu le frappes de la verge, il ne mourra point". Son passage préféré. Billie ne le connaissait que trop bien. Fouet. Diète forcée. Canne en bois. Il avait même, une fois, attachée Stacy à son lit pendant trois jours pour s'être enfuie en pleine nuit retrouver on ne sait qui, on ne sait où. Il est... ? Interrogea-t-elle. Terrible. Billie voulait répondre, mais elle n'y arrivait pas. Peut-être ne trouvait-elle pas les mots pour décrire ce qu'elle éprouvait. Après tout, ce n'était pas un exercice qu'on lui demandait souvent. Ou peut-être qu'il était plus facile de se laisser plonger dans cet épais brouillard que dessinait son esprit, noyant son regard dans le vague et tentant de chasser le visage de cet homme. En ce moment, la réalité ne l'intéressait plus. Non. Elle était mieux ici.

Et puis il y eut comme un électrochoc qui ne pouvait que la tirer de cet état de veille. A trop parler du loup, il finit par montrer sa queue. Billie n'aimait pas spécialement les proverbes, mais pour l'heure, celui-ci sonnait étrangement vrai. Cette voix rauque si familière ne pouvait qu'être celle du père Celynen et elle n'eut qu'a se retourner pour le confirmer. Impossible. Le rêve était-il en train de tourner au cauchemar ? Après avoir vu apparaître l'inconnue telle l'ange sur le champ de bataille, voilà qu'un autre adversaire semblait vouloir la combattre. Pire encore, peut-être tenterait-il de s'en prendre à elle. Alors elle devait s'en aller. Se protéger. C'est ce que l'enfant tenta de lui faire comprendre. Pourtant elle n'en fit rien, se contentant de fixer Billie d'un regard des plus noirs. Ne comprenait-elle pas qu'elle était en danger ? Les sens de l'enfant étaient en alerte, elle la poussait encore mais elle refusait de disparaître. Pourquoi faisait-elle cela ? Pourquoi restait-elle ici ? Et en plus, elle lui criait dessus. Le danger était proche et Billie se sentait complètement désemparée. Après une dernière tentative pour l'inciter à partir, elle dû se résoudre au fait qu'elle ne bougerait pas. Elle releva alors les yeux sur ceux somme toute furieux de l'inconnue. Elle sentait la peur la gagner peu à peu, lui faisant perdre ses moyens. Car si elle avait appris à se montrer forte, à ne pas céder aux émotions les plus primaires, cet obstacle-ci, elle peinait encore à le surmonter. Ainsi, son regard était dénué de colère. Il était seulement effrayé. Presque suppliant. Mais également à demi-résigné. Parce qu'elle savait qu'il était maintenant trop tard. Elle arrêta donc de la pousser. Lentement, ses doigts se refermèrent sur l'étoffe noire dont était vêtue l'inconnue et elle s'adressa à elle d'une voix presque éteinte. Mais tu ne comprends pas... Et elle n'avait pas le temps de lui expliquer. Une fraction de seconde plus tard, une poigne rude s'empara de son bras pour l'arracher à la seule personne près de laquelle elle aurait voulu rester. Il était là, maintenant. Tout était terminé.

La peur la paralysait. Elle osait à peine regarder ces yeux émeraudes qui la fixaient, la sensation de cette main autour de sa mâchoire étant largement suffisante. Et lorsqu'il eut fini de s'intéresser à l'enfant, il s'intéressa à elle. Billie gesticulait tandis que le Père Celynen s'adressait à l'inconnue. Elle tentait de trouver un moyen de se libérer de cet étreinte, mais sa poigne semblait bien plus solide que la sienne. Dommage. De profil, elle lança un regard affolé vers la magicienne qui, elle, n'avait pas vraiment l'air impressionnée. Ce que lisait Billie sur son visage se rapprochait davantage de la colère. Voire de la rage. Et la réponse qu'elle envoya ne fit que confirmer cette idée. C'était rassurant, finalement, de voir quelqu'un qui osait l'affronter. Qui ne tremblait pas face à lui ou n'obéissait pas à chacun de ses ordres. C'était rare. Mais c'était bien. Billie ferma les yeux après ses premières paroles, soulagée qu'elle ne l'accable pas. Son comportement n'avait pourtant pas été exemplaire et il était rare qu'on la couvre. Elle lui adressa finalement un regard moins apeuré, tentant même un sourire. Ne venait-elle pas de parler de Moldu ? C'était qui ça ? Après Merlin, Moldu ? Un enchanteur, lui aussi ? Elle ne le connaissait pas. Mais il ne devait pas être génial pour qu'elle le balance au Père Celynen comme on l'aurait fait avec un gros mot. Billie nota cela dans un coin de sa tête, se raccrochant à ce qu'elle pouvait pour batailler contre ses angoisses. Il fallait avouer que la réplique de l'inconnue l'aidait à se détendre. C'était vraiment plaisant d'entendre quelqu'un lui parler comme ça. Bien qu'assez abasourdie par cette situation, elle aurait eu du mal à ne pas s'en réjouir. Bien fait pour ta gueule, connard. Mais le connard en question, lui, semblait apprécier nettement moins son aplomb, peu habitué à ce qu'on hausse le ton contre lui. Et si Billie n’apercevait pas son visage, elle sentit cependant les doigts qui enserraient le sien se raidirent davantage. Elle ne put retenir une grimace de douleur. Elle avait l'impression que ses ongles allaient bientôt traverser sa chair et s’incruster dans ses gencives. C'était douloureux, difficile de s'en cacher. Pourtant, elle oublia cette souffrance en une seconde à peine. Elle cessa même de bouger, encore stupéfaite par ce qu'elle venait d'entendre. L'inconnue venait-elle réellement de prendre sa défense ? Cela n'était encore jamais arrivé. Si les enfants se couvraient parfois entre eux, une fois attrapé par cet homme, c'était chacun pour soi. Personne ne voulait risquer sa santé pour un autre. Les sœurs elles-mêmes se dressaient rarement contre lui. Mais là, cette femme dont elle ne connaissait rien venait de sommer le Père Celynen de la relâcher. Incroyable. Oh, bien sûr, il n’obtempéra pas. Il ne fallait pas non plus rêver. Mais elle avait tout de même essayé et ça, Billie ne l'oublierai jamais.

Comme il fallait s'y attendre, la réponse du prêtre fut tout aussi violente que lui. Il menaçait l'enfant, mais il la menaçait elle aussi, ce qui n'eut pas vraiment l'air de l'impressionner. Billie la fixait sans relâche. La perspective de se faire fouetter ne l'enchantait guère, mais elle ne voulait surtout pas qu'il lui arrive malheur à elle par sa faute. Pourtant, la jeune femme ne frémissait même pas. Elle campa sur ses positions, froide et sûr d'elle. Son aplomb revigorait Billie et, une fois de plus, l'inconnue s'était rangée de son côté. Le sentiment que cela lui procurait était étrange. Agréable. Chaleureux. Mais malgré tout, la peur demeurait présente et l'enfant craignait que l'assurance de la jeune femme ne la mène à sa perte. Elle entendit un léger rire totalement sardonique siffler entre les lèvres du Père qui, lui aussi, campait sur ses positions. Je n'ai aucun ordre à recevoir d'une personne telle que vous. Vous devriez avoir honte de votre comportement. Menacer un Prêtre sur sa propriété et en présence d'une enfant ? Vous êtes misérable. Mais très bien. Puisque vous semblez aussi peu évoluée que ces orphelins, je vais faire appelle aux autorités. Croyez-moi, c'est vous qui allez le regretter. A ces mots, Billie sentit son bras gauche libéré d'un poids. La mâchoire toujours fermement tenue, elle suivit du regard le parcours de la main libre du prêtre qui plongea dans une poche de sa soutane. Si l'orphelinat -et les orphelins- de Chester vivait dans la misère, ce n'était apparemment pas le cas du Père Celynen. Il sortit donc de son habit un téléphone portable qu'il n'hésita pas à montrer à l'inconnue, accompagné d'un sourire méprisant. Vous l'aurez voulu. La situation dérapait complètement et Billie se sentait totalement dépassée. Il ne pouvait pas passer ce coup de téléphone sinon, d'ici quelques minutes, un groupe de débiles en uniformes s'inviteraient à leur petite fête. Son cœur battait à tout rompre et ses yeux ne pouvaient quitter le téléphone portable. L'inconnue avait pris sa défense. Elle avait pris sa défense deux fois. Il fallait qu'elle fasse quelque chose elle aussi. N'importe quoi. Alors Billie tenta d'oublier la terreur sous-jacente que lui inspirait cet homme et, pour elle, elle chercha la force de se dégager. Sa main d'enfant agrippa le poignet de la main qui martyrisait son visage qu'elle tenta doucement de décaler. Elle n'avait besoin que de quelques millimètres. Et une fois mieux positionnée, elle ouvrit grand la bouche et secoua sa tête jusqu'à finalement trouver un morceau de chair à mordre. Gagné. Elle avait attrapé la peau du Père Celynen entre le pouce et l'index. Elle resserra ses dents de toutes ses forces, se refusant de relâcher sa prise avant que le goût du sang n'ait atteint ses papilles. Bien entendu, le Prêtre échappa un cri de douleur. Billie profita de ce moment de trouble et de sa liberté retrouvée pour se saisir du téléphone, comme elle l'avait fait un peu plus tôt avec la mystérieuse fiole. Celle qui « guérit le rhume », soi-disant. Une fois l'objet en main, occultant totalement le « rends-moi ça » qui s'élevait derrière elle, elle s'éloigna de quelques pas, prit son élan et le balança dans les airs le plus loin possible. Problème réglé. Plus de téléphone, plus de Police. Elle était plutôt satisfaite d'elle-même, satisfaction qui fut stoppée nette lorsque le Prêtre attrapa la première chose qui lui tomba sous la main pour la faire revenir à lui : ses cheveux. Trop tard mon vieux, ton téléphone est loin. Mais les cheveux, c'était quand même douloureux. Sous la pression, Billie trébucha et atterrit par terre. Elle entendit vaguement le prêtre s'adresser à l'inconnue, un doigt pointé vers elle. C'est loin d'être fini. Puis une main chercha de nouveau à l'attraper. La sienne. Hors de question. L'enfant l'esquiva du mieux qu'elle put et, encore à moitié à terre, elle se précipita vers celle dont elle ignorait tout pour terminer sa chute. Elle avait choisit son camp et ce n'était pas bien difficile. D'un côté, un homme qu'elle connaissait bien et qui l'horrifiait, de l'autre une femme qu'elle ne connaissait pas mais en qui elle avait toute confiance. Cependant, ce choix ne fit qu'agacer encore plus le Père Celynen qui les fixa en silence avant de poser un regard froid sur la magicienne. Vous allez payez ça très cher. A ces mots, il leur tourna le dos, inspira à fond et, posant ses deux mains en guise de porte-voix, s'apprêta à hurler.

Bien entendu, l'orphelinat aussi possédait un téléphone. Billie n'avait en aucun cas réglé le problème, elle l'avait seulement déplacé. Pour autant, elle se sentait soudainement soulagée, là, assise sur le sol derrière cette inconnue qu'elle voulait tant connaître. Elle ne savait pas son nom, ni même d'ou elle venait. Mais ce dont elle était sûre, c'est qu'elle l'aimait déjà.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:20

« Mais si je ne me bats pas pour moi-même, qui le fera ? » me dit-elle. Son visage était marqué autant par l’incompréhension que l’hésitation. J’avais l’impression que mon dialogue lui paraissait insensé et qu’il n’y avait pas d’autre choix que de se battre continuellement. C’était sûrement naturel pour elle mais l’enliser dans cette philosophie ne lui apporterait rien de bon, bien au contraire. Les enfants qui s’habituent à la violence deviennent bien souvent adeptes de la violence, à l’âge adulte, dans bien des situations. Pour eux, les coups règlent plus facilement les problèmes que la parole. Cette question qu’elle me posait en disait donc beaucoup sur elle et son mode de pensées. Je ne pus néanmoins pas lui répondre lorsqu’elle enchaîna directement en m’expliquant que le Père Celynen ne lui pardonnait pas ses bêtises. Elle n’était pas parvenue à aller au bout de sa phrase en parlant de lui mais la suite constitua un parfait aperçu de ce qu’elle avait voulu me dire.

Je n’aurais jamais cru que l’on traitait encore les enfants de la sorte en 2016. Nous étions à une époque moderne et il me paraissait évident que les moldus aient tout autant évolué que nous au niveau des mœurs et des manières de faire. Lorsque je voyageais en passant ‒ malheureusement ‒ par des coins moldus, je pouvais constater que la vie n’était pas aussi austère qu’avant. Là, c’était bien un retour vers le passé. La Religion est un fléau et cet homme qui se tenait devant moi me faisait de plus en plus pitié. Billie n’avait pas su me faire partir au moment où il était arrivé et sa voix éreintée ne parvint même pas jusqu’à mes oreilles quand mon attention se reporta sur le nouveau venu. Ce dernier l’avait vite reprise, brisant la poigne que la petite avait sur mes vêtements. Cette distance semblait l’avoir fait souffrir et je n’aurais peut-être pas dû le laisser la reprendre. Si c’était pour voir un tel spectacle scandaleux où il la saisissait de cette manière, j’aurais sans doute mieux fait de l’écarter de là à temps. Malheureusement, je savais que je n’aurais jamais pris cette décision puisque je n’étais pas suffisamment familière avec elle au point de la protéger et qu’elle appartenait à ce fameux bâtiment.

Néanmoins, au fil de mes échanges houleux avec le prêtre, j’étais forcée de comprendre que cette fillette n’avait vraiment pas sa place dans ce lieu austère… avec un personnage aussi exécrable. Il avait beau dire que j’appartenais au Diable, c’était plutôt lui qui y ressemblait le plus. Je ne connaissais quasiment rien du catholicisme et de la bible et j’étais certaine de ne jamais avoir l’envie de la lire mais j’espérais qu’elle ne dictait pas des choses aussi horribles que les actes de cette ordure. Mes mots plutôt tranchants l’avaient refroidi mais il demeurait aussi têtu que moi, persiflant et proférant toujours les mêmes menaces tout en prenant le temps de m’insulter également. Il était sur le point d’appeler les autorités et je ne sourcillai pas ; que ferait une armada de moldus face à moi ? En quelques secondes, je pouvais les neutraliser ou bien transplaner à proximité pour les surprendre par derrière. Je ne craignais certainement pas cette bande d’ânes cocasses dénués de pouvoirs. Je ne connaissais pas la nature des armes moldues mais à mon avis, jamais rien n’égalerait la puissance et la symbiose d’une baguette.

« Effectivement, je n’ai aucun respect envers les hommes comme vous. Faîtes donc venir les renforts mais vous risquerez d’être déçu. A mon avis, vous devriez directement demander de l’aide à Dieu. Avec un peu de chance, il déclenchera un éclair capable de me foudroyer, non ? » Finis-je en conservant ma malice.

De la pure provocation visant à l’énerver plus que jamais et à le mettre au défi de me tenir tête. J’avais horreur de cela mais j’attendais patiemment qu’il les appelle. Je savais que cela risquait de me mettre dans une mauvaise position vis-à-vis du Ministère mais je comptais bien régler le problème de manière propre. Je repartirai d’ici comme si rien de spécial ne s’était produit. Le prêtre extirpa un drôle d’objet de sa poche, quelque chose de rectangulaire et muni d’un écran étrange. J’ignorais de quoi il s’agissait mais la petite semblait encore plus nerveuse, comme si quelque chose de grave allait se produire. Je lui jetai un regard curieux, me contentant juste d’attendre, les bras toujours croisés. Le sourire méprisant du prêtre me laissa indifférente. En quelques secondes, j’étais capable de brandir ma baguette et de lancer un sort informulé donc je me pensais réellement à l’abri d’un imprévu. Billie continua de fixer cet objet comme s’il était maudit, avant que, d’un seul coup et sans pitié, elle ne morde la main de son agresseur. J’affichai un air surpris devant la scène, me réjouissant d’entendre les cris de douleur de l’abominable prêtre. L’objet lui fut dérobé et lancé loin dans les arbustes avant de disparaître totalement. Je suivis brièvement sa trajectoire des yeux avant de détourner mon attention vers la petite qui se rua vers moi. Le prêtre protestait, souhaitant récupérer son bien mais c’était désormais impossible, étant donné la petite taille de cette chose.

La moldue fut néanmoins rattrapée au niveau des cheveux, succombant au sol sous cette force colérique. J’étais à la limite d’intervenir, ma main venant de rentrer à l’intérieur de mon manteau, saisissant fermement ma baguette. Je n’attendais qu’un mouvement suspect de plus pour la dégainer. Elle parvint néanmoins à se dégager à temps en prenant le soin d’esquiver une nouvelle fois la main sadique et indomptable du Père Celynen. Cette même main saignait mais il semblait avoir fini de lutter contre cette douleur. Pendant ce temps, Billie se précipita vers moi et je l’observai faire tout en écoutant les dernières paroles de la vermine.

J’allais payer cela très cher ? Vraiment ?

« Je ne le crois pas. » Dis-je, tonitruante en fronçant les sourcils de nouveau.

Il m’adressa un regard noir avant que je ne me penche vers Billie pour l’aider à se relever. Ma main saisit la sienne et doucement, mais sûrement, je la ramenai vers moi. Elle était de mon côté, désormais. Quel sentiment étrange me parcourait. J’avais l’impression qu’elle me suivait et qu’elle ne comptait pas se détourner du nouveau chemin qu’elle souhaitait arpenter. J’espérais bien que cela ne soit qu’une simple impression, cependant.

Le prêtre nous tourna ensuite le dos, sans doute en train de réfléchir à une nouvelle combine pour me faire regretter mes propos. Il joignit ses mains au niveau de sa bouche et à ce moment-là, une fraction de seconde me suffit à comprendre ses intentions. Je ne lui en laissai pas le temps. Je n’avais guère l’envie de me retrouver face à une dizaine de moldus, déjà qu’une seule me suffisait à me faire perdre mon temps. Sans crier gare, je tirai enfin ma baguette ‒ qui semblait trembler d’excitation à l’idée de faire payer à celui-là la monnaie de sa pièce ‒ et je la tendis furtivement vers lui en prononçant un « Petrificus Totalus » informulé. Un faisceau de lumière bleu ciel se manifesta à l’extrémité de ma brindille et alla frapper le prêtre.

Désormais, il ne ferait plus de mal à cette fillette pendant un petit moment. Néanmoins, cela décrédibilisait tout ce que j’avais dit à cette même fillette ; la magie existait bel et bien. Je soupirai de lassitude. J’aurais espéré m’en tirer autrement mais je n’avais pas eu le choix que d’agir avant que cela ne prenne une trop grande envergure. Mes yeux quittèrent le corps immobile du prêtre, qui était toujours conscient et capable de voir, avant de me tourner vers la petite. Je m’abaissai à sa hauteur, comme une mère le faisait à un enfant pour mieux lui parler droit dans les yeux. Je posai une main chaude sur son épaule et contemplai son visage encore marqué par la violence de son tuteur et la stupéfaction vis-à-vis de ce que je venais de faire.

« Est-ce que tu vas bien ? Tu as mal quelque part ? » Demandai-je avec douceur.

C’était sans doute mon côté Guérisseur qui parlait. Face à des gens en mal, nous avions tendance à vouloir les inspecter au plus vite et trouver une solution. Même si elle n’était pas une sorcière, son corps restait humain et j’étais bien trop professionnelle pour laisser quelqu’un dans la douleur. Mes yeux analysaient rapidement son faciès, ses épaules ‒ dont les vêtements s’étaient un peu déchirés d’ailleurs ‒ et ses bras.

« Il ne te fera plus rien pour le moment, rassure-toi, continuai-je en affichant pour la première fois un petit sourire qui n’était ni narquois, ni sarcastique mais tout simplement sincère et bienveillant. Quelle incroyable ordure, je comprends que tu aies vécu dans un milieu propice à la violence. Quelqu'un devrait lui faire vivre un enfer. »

Je rompis le contact lorsque j’ouvris ma sacoche en prenant la fameuse pommade que Billie avait vu toute à l’heure. Je la dévissai, laissant entrevoir une crème de couleur rose pâle. J’en déposai délicatement sur le bout de mon index gauche avant de commencer mon travail de médecin.

« Je vais t’enlever tout ça rapidement. »

J’en appliquai sur sa zone amochée par les nombreux bleus dont elle était sujet depuis le début de notre rencontre. Cela ferait effet en trois minutes, le temps que les petits vaisseaux sanguins se réparent et que le saignement interne disparaisse.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:20

« Billie assistait impuissante à une lutte de pouvoir. Elle observait, non sans crainte, un homme et une femme s'armer de mots plus tranchants les uns que les autres dans l'espoir de voir l'autre tomber. Mais l'un comme l'autre semblaient résister. Elle résistait. Il n'y avait pas l'ombre d'une angoisse sur ses traits. Pas l'ombre d'un doute non plus. Comment pouvait-elle être aussi sûre de remporter la victoire ? Elle ne le connaissait pas. Et pourtant. Simplement par ses mots. Simplement par l'assurance sans faille dont elle faisait preuve. Elle réussit à le faire plier. Alors le prête passa à la vitesse supérieure. La guerre du verbe touchait à son terme et Celynen s'apprêtait à en démarrer une nouvelle. Sans doute trouvaient-ils que ses menaces n'avaient pas suffisamment d'impact. Il voulait sévir. Et il s'en réjouissait d'avance. Billie le savait mieux que quiconque. Mais lorsqu'il sortit son téléphone portable, l'inconnue ne sourcilla même pas. Comment pouvait-elle rester si stoïque alors qu'en quelques secondes, tout pouvait basculer ? Peut-être était-elle aussi forte qu'elle en avait l'air. Peut-être était-elle capable de battre autant de monde. Mais qu'arriverait-il si ce n'était pas le cas ? Qu'arriverait-il s'ils l'attrapaient ? Serait-elle un de ces cobaye que l'on attache vivant sur les tables d'opération pour voir comment ils fonctionnent ? Serait-elle brûlée sur la place publique pour se remémorer les temps anciens ? Billie n'en savait rien. Mais ce qu'elle savait, en revanche, c'est qu'elle n'était pas prête à prendre le risque d'une défaite. Ainsi, boostée par l'adrénaline que lui fournissait son système nerveux, elle décida d'agir à son tour. Ses sens étaient décuplés, en alerte. Elle sentit la chair se rompre sous ses dents et le sang envahir sa bouche. Quel goût désagréable. Elle espérait que la connerie humaine n'était pas transmissible par le biais de ce liquide rouge et chaud. Puis son cœur s'emballa de plus belle lorsque l'opportunité d'agir se présenta réellement. Elle sentait la crispation de chacun de ses muscles lorsqu'elle s'approchait de sa cible. Lorsqu'elle tendis le bras pour attraper l'objet. Lorsque, malgré le tremblement involontaire de sa main, elle s'en saisit pour l'éloigner de cet homme et le faire disparaître au loin. L'excitation et la peur se mêlaient en un cocktail explosif qui semblait la rendre plus réactive et, finalement, lui permis d'échapper de peu aux griffes sanguinolentes du prêtre en colère. Elle avait réussi.

Elle avait réussi et se retrouvait là ou elle voulait être. Près de l'inconnue. En sécurité. Du moins, elle aimait à le croire. Encore agitée par les battements rapides de son cœur, Billie constata que l'inconnue n'avait rien perdu de son aplomb. Elle paraissait encore plus forte, vu d'ici, alors qu'elle avala la menace de Celynen comme si celle-ci n'avait aucune prise sur elle. Lentement, l'enfant essuya d'un revers de main le sang du Prêtre qui s'accrochait à ses lèvres. Elle ne pouvait le quitter des yeux. Car si ses paroles n'ébranlaient pas la magicienne, Billie, elle, percutait très bien. C'est à ce moment là qu'une main tendue vînt perturber l'escalade de ses angoisses. L'enfant détacha finalement les yeux du regard noir de l'homme qui leur faisait face pour les poser sur ceux, beaucoup plus doux, de la jeune femme. Et elle l'aida à se relever. Etait-ce le signe qu'elle acceptait que Billie se range de son côté ? Elle l'espérait bien. Car l'idée de repartir dans l'autre camp ne l'enchantait vraiment pas. Le Prêtre semblait plus contrarié que jamais. C'était d'ailleurs compréhensible, puisqu'il n'avait jamais connu de telle situation. Les seules résistances qu'il avait dû connaître étaient celle d'enfants facilement « mattables », ou de religieuses beaucoup trop croyantes pour le contredire. Religieuses qu'il s'apprêtait sans doute à appeler, tournant finalement le dos à ses adversaires. La vie n'était donc qu'un éternel recommencement ? Les deux femmes venaient-elles de gagner une bataille simplement pour se lancer dans une autre ? Billie se sentit soudainement si impuissante, n'étant capable de rien d'autre que de s'inquiéter, fixant de ses yeux désabusés le prêtre qui s'apprêtait à lancer une nouvelle offensive. Mais, Ô surprise, il n'en eut pas le temps.


Tout se passa très vite. La jeune femme sortit un long morceau de bois fin de sa poche qu'elle tendis droit devant elle. Sans un mot de sa part, une vive lumière se forma à son extrémité, comme la flamme d'une allumette qu'on viendrait de craquer. Seulement cette flamme était bleue, et elle pris rapidement son envol. En une poignée de secondes, la lumière s'écrasa sur le corps du Père Celynen qui se raidit instantanément. On aurait dit que la foudre venait de le frapper. Son corps raide et immobile s'affala sur le sol tandis que Billie le fixait de ses yeux ronds. Wouah. Est-ce qu'il était mort ? Son regard oscillait entre le prêtre inerte et la baguette de la jeune femme. Et ça, c'était aussi un remède de grand-mère ? Incroyable. Les yeux toujours rivés sur l'expression figée de Celynen, la jeune fille remarqua à peine la silhouette de l'inconnue se rapprocher. Elle n'en pris conscience que lorsque, délicatement, une main se posa sur son épaule. Billie tourna alors lentement la tête vers ses yeux bleus qui la fixaient de près. Le silence qui avait fait place à la lutte était presque irréel et c'est d'une voix douce que l'inconnue le brisa, ramenant peu à peu l'enfant sur terre. Elle semblait s'inquiéter pour elle. Non, ça va. En réalité, elle avait mal un peu partout. Mais la douleur lui passait complètement au dessus de la tête, bien plus préoccupée par les évènements qui venaient de se dérouler sous son nez. Elle revoyait la scène en boucle pour n'oublier aucun détail. L'inconnue aurait du mal à lui faire croire que ce n'était qu'une illusion. Alors elle avait raison depuis le début. Cette femme n'était pas une simple femme. Elle était bien plus que cela. Une magicienne. Une sorcière. Une druidesse. Peu importait, finalement. Parce que ce qui comptait était qu'elle n'était pas une simple femme. Et alors que les yeux de l'inconnue parcouraient son corps, les siens parcoururent ses traits. Lentement, Billie tendis une main et, de ses doigts hésitants, frôla la chevelure noire de celle qui lui faisait face. Peut-être que ce n'était pas une bonne idée, mais c'était plus fort qu'elle. L'impossible était devenu le possible, une fois encore. Et si, lorsque l'inconnue était apparue près de l'arbre, elle ne l'avait pas touchée, il lui était cette fois trop difficile de résister. Ainsi, aussi fébrilement que si ses doigts s'apprêtaient à effleurer un pétale de rose, elle approcha sa main de son visage tout en retenant son souffle. Le contact était à peine perceptible alors qu'elle le déposait sur sa joue, son menton et ses lèvres. Elle était bien réelle. Bel et bien vivante. Elle était magique. Gardant toujours le silence, Billie finit par retirer ses doigts, reposant son bras le long de son sa hanche. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres tandis que son regard se dirigeait malgré elle vers le corps de Celynen. Il avait quand même l'air bien mort. Non pas que ça la dérange plus que ça, mais généralement, si on tue quelqu'un, on risque d'avoir de gros ennuis. Son inquiétude fut apparemment perçue par la jeune femme qui lui affirma qu'aucun mal ne lui serait fait pendant un bon moment. Alors elle ne l'avait pas tué. Dommage, dans un sens. Oui, souhaiter la mort de quelqu'un, c'est mal. Mais Billie se foutait bien des règles de la morale. La suite de ses mots ne fit qu'élargir son sourire davantage, aussi sincère que celui qu'elle lui envoyait. Elle ne pouvait qu'être d'accord avec ce qu'elle venait de dire. Je pense que tu as déjà bien commencé. Son regard se voulait complice. Qu'est-ce que tu lui as fait au juste ? Après tout, elle n'allait pas cacher qu'elle avait aimé le voir mordre la poussière. Mais il s'en remettrait. Et lorsque l'inconnue ne serait plus là, les choses iraient sûrement encore plus mal. Parce qu'aussi longtemps qu'il se souviendrait de ce moment, Billie était persuadée qu'il se vengerait durement. Le revers de l'humiliation. Cette idée lui fit perdre instantanément son sourire. Elle ne voulait pas y penser, mais c'était plus fort qu'elle. Et si le fait d'être châtiée le reste de ces jours pour cette histoire ne pouvait que la terrifier, la perspective de voir cette femme s'en aller lui serrait aussi douloureusement le cœur. Ce qu'elle avait vu, vécu et compris ces dernières minutes était incroyable. Si incroyable que le bonheur que cela lui avait procuré l'était tout autant. Un bonheur intense, mais malheureusement éphémère. Parce qu'elle finirait bien par s'en aller, n'est-ce pas ? Même si Billie tentait de la retenir, elle finirait quand même par partir. Ainsi, lorsque l'inconnue s'écarta de nouveau, rangeant son fin morceau de bois que l'enfant n'avait pas encore eu le temps d'étudier, elle sentit comme un poids dans sa poitrine. Puis comme une boule dans sa gorge. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas ressentit cela, tout simplement parce qu'elle avait appris que montrer ses sentiments crée de nombreux problèmes. Que pleurer fait de vous une victime. Une proie. Alors tandis que la magicienne fouillait dans la sacoche qu'elle lui avait présentée un peu plus tôt, Billie déglutit avec difficulté. Elle la regarda faire lorsqu'elle ouvrit l'un des mystérieux pots pour en appliquer sur ses blessures. Le contact du produit était froid, mais délicat. Et lorsque l'inconnue eut recouvert la majorité de ses bleus, l'enfant sentit une étrange chaleur l'envelopper. Soudainement, la vague d'émotions qu'elle avait tenté de ravaler avec peine refit surface beaucoup plus violemment. Billie détacha donc son regard de ses marques pour le poser sur la jeune femme et, avant qu'elle ne se relève, ne s'en aille ou ne disparaisse, passa ses bras autour de son cou. Il était hors de question de lui demander son avis, d'autant plus que l'enfant elle-même ne se laissait que rarement aller à ce genre d’épanchement affectif. Alors, en silence, elle la serra fort. Très fort. Enfouissant son visage près du sien. Fermant les yeux comme pour figer le temps. Son cœur battait si vite et sa respiration était saccadée. Mais elle se refusait de pleurer. Toutefois, lorsqu'elle lui murmura quelques mots à l'oreille, il lui était difficile de cacher l'émotion de sa voix. Merci. Elle attendit un peu avant de poursuivre, serrant davantage son étreinte. Qui es-tu ? A ces mots, elle finit par rouvrir les yeux et ce qu'elle vit permis à ses émotions de calmer leurs ardeurs pour laisser place à la stupéfaction et à la curiosité. En effet, en dégageant ses pupilles, elle constata que les marques sur ses bras avaient pratiquement disparues. Les yeux écarquillés, elle libéra l'inconnue de ce rapprochement forcé. Un immense sourire lui permis de chasser les mauvaises pensées qui la tiraillaient et ce fut cette fois un visage radieux qu'elle tourna vers la jeune magicienne. Elles ont disparu ! Et d'un regard devenant peu à peu plus moqueur, elle prit plaisir à la taquiner. Elles sont vachement fortes les grand-mères de chez toi ..! Cette fois, elle ne pourrait plus lui raconter n'importe quoi. L'évidence était là. Doucement, les yeux de l'enfant glissèrent sur le vêtement noir de l'inconnue avant de retrouver ses iris clairs. Prenant un air faussement angélique, elle demanda d'une voix mesquine : Je peux la voir ? De nouveau, la curiosité reprenait le dessus, lui permettant d'oublier momentanément les peurs qui l'avaient tant troublées.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:20

Cette main que je lui avais tendue, elle l’avait acceptée sans attendre pour se relever. Je l’avais sentie soulagée, comme éloignée d’un mal qui l’avait tant pourchassée depuis si longtemps. Tenir la main à une moldue, en voilà une drôle d’idée. Ma sœur en serait folle d’inquiétude, elle chercherait à briser ce contact et quant à mes parents, mieux valait ne pas imaginer leur réaction. Mais ce qui se passait actuellement ne serait jamais connu de quiconque d’autre. Malheureusement, cette coopération ne l’empêcha de tressaillir face au nouvel assaut du prêtre. Elle ignorait de quoi j’étais capable et elle se focalisait bien trop sur ce qu’elle savait de son tuteur. Toutefois, en une fraction de seconde, j’avais renversé grandement la balance plus que jamais. Cet énergumène n’allait plus longtemps jouer au vaniteux devant moi ; il se tiendrait couché devant mon pouvoir et là, on pourra clairement établir la supériorité entre nous. C’était une vision très conservatrice des choses mais ma colère faisait ressurgir ces vieilles pensées que je n’appliquais qu’à lui. Être forcée d’employer la magie n’était pas pour me plaire sachant que la petite venait d’être témoin de ce surnaturel. Nul besoin d’être devin pour deviner la manière dont elle réagirait. Tous les moldus sont habitués à vivre dans la « normalité », là où leurs mains doivent travailler quand, chez nous, la magie fait son œuvre pour nous aider. Un simple maléfice du saucisson n’avait absolument rien de spécial, cela était même à la portée d’un élève de onze ans. Mais pour les moldus, cela relevait vraiment du fantastique. D’un certain côté, cela me donnait envie de rire. Cela étant, la situation n’était pas vraiment propice à l’amusement. Sous la mine ébahie de l’enfant, je m’étais rapidement tournée vers elle pour constater son état. Elle avait mis un certain moment avant de tourner les yeux vers moi, toujours obnubilée par l’immobilisation du Père. Elle me répondit de manière courte, bien trop secouée encore. Apparemment, si elle n’était pas endolorie, il n’y avait rien de grave. Il demeurait quelques traces de sang de sa victime sur son petit visage mais je tenais d’abord à m’occuper des bleus. Pourtant, avant que je ne rangeai ma baguette, les mains frêles de l’enfant vinrent caresser ma chevelure sans que je ne m’y attende. J’en frissonnai. Il y avait bien trop de contacts entre moi et elle… pas que cela me dégoûte mais je n’étais pas sûre que cela soit la meilleure des choses à faire. Au fond de moi se tapissait une certaine crainte.

Cela ne m’empêcha cependant de reprendre mon sourire, quoi qu’un peu gêné. Oui, c’était assez embarrassant tandis que ses doigts se baladaient doucement, passant de mes cheveux d’un pas hésitant jusqu’à mon visage et plus précisément, ma joue, mon menton et mes lèvres. J’ignorais quelles intentions se cachaient derrière ces gestes mais sa froide température n’arrangeait en rien mon mal aise. Je ne dis rien, tout simplement. Il n’y avait sans doute nul mot à dire. Peut-être cherchait-elle à savoir si je n’étais pas le fruit de son imagination ; dans un sens, les choses auraient été plus simples si je n’avais été qu’une illusion. Lorsqu’elle cessa son geste, un fin sourire vint agrémenter ses traits, à son tour. C’était un instant assez complice bien que je n’avais pas vraiment l’envie d’y adhérer. S’attacher à quelqu’un que l’on ne connait pas, ce n’est pas une bonne chose, c’est même le pire choix. Il fallait que je garde certaines distances face à elle, même si je pouvais au moins me permettre de la rassurer en lui avouant que plus aucun mal ne lui serait fait, aujourd’hui. Cela la réconforta et elle me répondit calmement, son regard complice me plaisant plutôt bien. Elle me demanda d’ailleurs ce que j’avais fait subir à la crapule, ce à quoi je répondis sur un air un peu troublé à l’idée de lui parler de mon univers :

« Oh, tout simplement un maléfice du saucisson. Cela lie les mains et les pieds de la personne contre son corps et cela bloque sa mâchoire. La personne n’est donc plus capable de bouger, ni de parler mais elle conserve sa vue, son audition et sa conscience. Autrement dit, cet homme entend ce qu’on est en train de dire. J’imagine qu’il doit être aussi surpris que toi. »

Je lâchai un petit rire moqueur à la pensée du prêtre qui devait sûrement penser qu’il était fou ou bien en présence d’une diablesse venue s’attaquer à son orphelinat. Ah, ces moldus…

Je repris ensuite mon sérieux, rangeant ma baguette pour sortir la pommade visant à supprimer les bleus de la petite. J’en appliquai avec soin et tendresse, tout comme je le faisais toujours pour mes patients. Je prenais bien soin de faire pénétrer le produit dans toutes les parcelles endommagées, quittant Billie du regard pour un certain moment. Enfin, quand mon travail fut terminé, je refermai la pommade et m’apprêtai à le ranger dans ma sacoche pour ensuite me relever. Néanmoins avant que je ne le fasse, soudainement, un choc la fit directement tomber dedans, au milieu des autres fioles. Un poids s’appuyait sur moi. Une chaleur m’entourait, me serrant contre elle. Je tournai la tête vers l’enfant qui venait m’enlacer de ses petits bras, les passant autour de mon cou. Elle avait une forte poigne malgré son jeune âge, sans doute les conséquences d’une enfance où elle devait se battre pour obtenir ce qu’elle voulait. Je me sentais encore plus gênée que toute à l’heure. Je ne savais que faire. Cet élan affectif n’était pas normal ou plutôt, je ne voulais pas y trouver une quelconque justification. Ce serait mauvais pour elle, tout comme pour moi. Mais son contact était réchauffant et malgré moi, il me sensibilisait. Foutu instinct maternel. Cela me rendait si sensible aux enfants depuis que j’avais accouché d’Abigail. Je passais beaucoup de temps à m’occuper d’elle après le travail, alors forcément, je développais certaines habitudes attentionnées. Mais je ne pensais pas que cela déborderait autant de ma personne. Ce n’était pas mon genre. Et pourtant…

Contre toute attente, alors, je refermai à mon tour mes bras autour d’elle avec douceur et une certaine tendresse. Billie me touchait dans ses intentions et je devinais à quel point son sauvetage ne l’avait pas laissée indifférente. Je me retins de soupirer, laissant à mes lèvres la liberté d’étendre mon sourire. Bon, finalement, si cela pouvait lui remonter le moral et la rendre heureuse dans ce monde où elle semblait l’avoir rarement été, j’étais prête à être ce pilier de bonheur pour quelques instants. Deux petites minutes s’écoulèrent durant lesquelles une de mes mains vint affectueusement caresser la chevelure de la moldue tandis que l’autre la tenait au niveau du dos. Je commettais une erreur, c’était certain. Cela dit, parfois, l’instant présent compte beaucoup plus que le reste et j’étais sûre que c’était le cas de l’enfant. Je pouvais entendre les battements rapides de son cœur, comme la traduction d’émotions fortes à mon égard et de son besoin de tendresse. Visiblement, personne ne lui avait jamais porté autant d’attention… Alors, oui, ce n’était pas raisonnable pour la sorcière telle que j’étais mais je ne pouvais hélas pas me résoudre à agir autrement.

Elle me remercia, sa voix teintée d’émotions, avant de resserrer son étreinte. J’avais le sentiment qu’elle ne me quitterait plus jamais. Assez déstabilisant, je dirais. Mais je me préoccupai avant tout de sa question, celle qu’elle m’avait déjà posée toute à l’heure. Désormais, je pouvais le lui dire même si cela n’aurait que peu d’utilité d’ici quelques minutes.

« Je m’appelle Morgana. Mais je n’ai rien à voir avec Merlin, par contre. Il est mort il y a bien des siècles et je suis très loin d’être née au Moyen-Âge. D’ailleurs, je suis surprise que tu connaisses son existence alors que tu n’as pas de pouvoirs magiques. »


Un énorme cliché anti-moldus, j’en étais consciente. Mais j’étais franche et je lui disais tout simplement ma pensée. Puis, quelques secondes plus tard, elle brisa notre étreinte, une plus grande joie perceptible sur son visage. Elle était ravie de voir que ses bleus venaient de disparaître et je l’étais également pour elle. Reprenant un air plus moqueur, elle complimenta les talents de ces fameuses grand-mères que j’avais évoquées en guise d’excuse. Je pouffai de rire.

« Je vois que rien ne t’échappe. Tu es bien curieuse pour une Moldue et très perspicace pour une enfant de ton âge… »

Il s’agissait là de compliments qui étaient bien vrais et qui n’avaient pas pour but d’être dithyrambiques. Toutefois, là cela coinça fut cette fameuse envie de voir ma baguette de plus près. Mon sourire s’estompa doucement. Je ne savais pas si je pouvais me permettre de lui en parler. Mais après réflexions, mon hésitation laissa donc place à l’initiative et, après avoir refermé ma sacoche, j’extirpai une nouvelle fois ma baguette face à Billie. Mais, étant donné que je cernais de plus en plus son caractère de chipie, je pris la précaution de la tenir fermement tout en l’éloignant un peu d’elle. Je n’avais pas envie qu’elle me la vole pour tenter quoi que ce soit de stupide.

Sans baguette, j’étais démunie et cela pouvait renverser la situation si je ne parvenais pas à lui jeter ce sort d’amnésie.

« Elle est en bois de cèdre, mesure 30,2 centimètres et contient un ventricule gauche de cœur de dragon. Chaque baguette est unique et a ses propriétés. Ce n’est pas qu’un bout de bois qui catalyse la magie, elle a une personnalité bien à elle et elle choisit son sorcier lorsque celui-ci a l’âge de onze ans. » Lui expliquai-je de la même manière pédagogue que lorsque je menais des cours de Potions et d’Alchimie à Uagadou.

Je n’étais pas contre de lui en dire plus pour assoupir la faim de sa curiosité. J’estimai que, de toute manière, je n’encourrais aucun risque puisque la finalité serait la même.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:20

« Un saucisson. Billie ne put s'empêcher de sourire, amusée par le nom de ce sort qui collait si bien à l'image du Prêtre allongé à terre. Elle le fixa un instant. C'était étrange de se dire qu'il était capable de voir et d'entendre alors qu'il ne contrôlait plus aucun de ses muscles. C'était un peu comme s'il était entièrement paralysé. Faible et vulnérable. L'idée lui plut. Elle lui plut certainement un peu trop. Un saucisson... Il ne valait tellement pas mieux que cela. Et l'inconnue semblait d'accord, puisqu'elle aussi ne se priva pas de sourire. Mais bien vite, ce fut vers Billie que son attention se reporta, posant avec délicatesse une pommade sur ses bleus. Et l'enfant ne pouvait s'empêcher de l'observer, tandis que sa concentration était trahie par son regard sérieux. Bientôt, l'émotion fut trop forte, trop intense. Elle ne pouvait se résoudre à voir cette créature disparaître, emportant avec elle cette douce sensation de bonheur qu'elle lui procurait. Alors lorsqu'elle eut terminé de soigner ses blessures, Billie n'attendit pas et se serra contre elle.

Elle avait l'impression que le temps s'était figé, la laissant profiter de cet étrange instant de tendresse. Son cœur battait vite, mais sa respiration était profonde et, de ses yeux clos, ses sens semblaient décuplés. Si l'émotion était déjà largement palpable, elle ne le fut que davantage lorsqu'à son tour, l'inconnue resserra ses bras autour d'elle. Billie renforça alors son étreinte, forte de ce contact qu'elle lui rendait avec tant de douceur. Elle se sentait si bien. Protégée. Aimée. La main de la magicienne glissa lentement jusque sur ces cheveux qu'elle caressa comme jamais ils ne l'avaient été. Comme pour la consoler. La rassurer. L'orpheline craignait d'ouvrir les yeux. Elle craignait que tout ceci s'arrête alors même qu'elle aurait voulu que cet instant ne touche jamais à sa fin. Elle avait bien conscience qu'il s'agissait-là d'un moment unique. Unique par l'absence probable de renouvellement. Et unique par l'incroyable sensation que cela lui avait procuré. Qui donc romprait volontairement une telle source de bonheur ? Elle qui n'avait personne, elle avait pourtant bien l'impression de tout posséder, en cet instant présent. Les yeux toujours fermés, elle voulu une fois encore savoir qui elle était. Mettre un nom sur ce visage, sur ce mystère. Elle ne voulait pas se souvenir d'elle comme d'une inconnue. Elle voulait tout savoir. Et c'est un sourire doux et satisfait qui étira finalement ses lèvres alors que la magicienne consentie à lui répondre. Morgana. Même son nom semblait magique. Billie laissa échapper un petit rire lorsqu'elle s'empressa de lui expliquer qu'elle n'avait rien à voir avec Merlin. Mais ce que retenait surtout le jeune fille, c'était qu'il avait bel et bien existé. Que ses croyances les plus folles ne l'étaient pas tant que ça. Beaucoup de gens connaissent Merlin tu sais. Il apparaît souvent dans les livres ou dans les films. La seule différence entre eux et moi, c'est qu'ils pensent qu'il n'a jamais existé ! Et toc, les gens. C'était elle qui avait raison. Elle en était d'ailleurs plutôt fière. La réponse de l'inconnue -qui n'en était plus vraiment une maintenant, apporta le sourire à Billie, mais lui fit également rouvrir les yeux. Elle découvrait de nouveau ce monde qu'elle avait tant voulu quitter en abaissant ses paupières. Pourtant, malgré cet incroyable échange, rien n'avait changé. Le monde était bien là, tel qui avait toujours été. Elle devait se résoudre à lâcher prise et, par là même, oublier ce rêve de disparaître avec elle. Alors elle s'accrocha à la seule chose qui lui permettait de tenir même dans les situations les plus difficiles : la magie.


Ses bleus avaient disparus. C'était incroyable. Enfin, pour Billie, c'était totalement croyable. Mais l'effet avait tout de même été des plus stupéfiants. Retrouvant peu à peu son entrain, il lui était impossible de ne pas fixer la magicienne de son air moqueur, ce qu'elle prit apparemment très bien, riant franchement pour la première fois. Le sourire de Billie n'en fut que plus grand. Merci, répondit-elle fièrement. Elle aimait les compliments, d'autant plus qu'on lui en faisait rarement. Pourquoi les gens restaient-ils autant focalisés sur les défauts -et les bpetises- plutôt que sur les qualités ? Puis elle réalisa que pour la seconde fois, Morgana avait employé un terme qu'elle ne connaissait pas. Moldu. Pour une Moldue. Il valait mieux pour elle que ce ne soit pas une insulte, la susceptibilité de Billie n'étant pas des plus résistantes. Elle lui lança donc un air interrogateur, laissant tout de même transparaître une légère suspicion. C'est quoi « Moldu » ? Attendant plus ou moins sagement une réponse, ses yeux glissèrent doucement à l'endroit ou la magicienne avait rangée cette fameuse arme capable de saucissonner les gens. Elle ne pouvait pas ne pas demander à la voir. Déjà, elle demandait, ce qui était somme toute un détail important. Quoique vu l'emplacement, il lui aurait peut-être été difficile de s'y faufiler sans qu'elle ne l'attrape avant. Dans tous les cas, une quelconque attaque furtive n'était pas nécessaire puisque Morgana accepta de la lui montrer. Billie était bien entendu satisfaite, ce qui se traduisit par un large sourire victorieux doublé d'une excitation en pleine ascension. Mais elle restait tout de même un peu surprise de n'avoir pas dû argumenter davantage. Tant mieux. Elle l'aurait eu à la fin, de toute façon. Tandis que la magicienne fouillait dans sa poche, l'enfant détourna doucement les yeux, fixant de nouveau le visage du prêtre, toujours immobile. Ce qu'avait été capable de faire cette femme, à l'aide de sa baguette, était tellement puissant. Billie aurait tant aimé avoir un tel pouvoir. Avec ça, elle n'aurait plus eu à se battre pour elle, ou pour les autres. Avec ça, tout serait sans doute plus simple. Et puis avec ça, elle serait sûrement quelqu'un, au lieu de n'être personne. Son attention fut finalement détournée par un mouvement de bras, signalant sans doute que Morgana avait trouvé ce qu'elle cherchait. Effectivement, elle tenait dans sa main un long bout de bois, relativement fin et un peu biscornu. La baguette étant trop loin à son goût, Billie attendit que la jeune femme démarre ses explications pour se rapprocher un peu. Alors cette chose qui ne ressemblait pas vraiment à autre chose qu'un bout de bois envoyait des lumières bleues pour paralyser les gens ? Stupéfiant. L'enfant pencha légèrement la tête, comme pour mieux cerner l'objet et se convaincre qu'il était bien à l'origine d'un tel exploit. Morgana lui apportait beaucoup d'informations que Billie tentait d'assimiler. Elle leva des yeux intrigués vers elle. Un dragon ? Alors les dragons existent ?! Wouaah. Ça c'était carrément génial. Elle n'y aurait pas forcément cru. Mais avoir un morceau de dragon dans le bout de bois qui nous a choisi à onze ans, c'était c'était encore plus génial. Complètement dingue, même. Et tous les objets magiques ont une personnalité ? A moins que ce ne soit que les baguettes. Une baguette avec une personnalité. Voilà un concept auquel elle n'avait jamais pensé. Elle se mit subitement à sourire, plutôt charmée par cette information. Alors la tienne c'est quoi sa personnalité ? Non. Attends. Laisse-moi deviner ! Elle s'écarta un peu de la magicienne – qui était apparemment une sorcière, selon ses dires, et la jaugea de la tête aux pieds, ne pouvant masquer sa mesquinerie. Voyons. Je dirais que ta baguette est... Elle la fixa dans les yeux, un air faussement hautain plaqué sur le visage. Forte. Elle fit mine de réfléchir encore. Belle ! Si on oubliait le côté biscornu. Quoique la sorcière était peut-être un peu tordue, elle aussi, mais Billie ne se risquerait pas à évoquer cette éventualité. Et... Têtue et capricieuse ! Ces derniers qualificatifs étaient une pique totalement volontaire, mais elle pensait tout de même que si cette baguette avait la personnalité de son possesseur, elle ne devait pas être de tout de repos. Satisfaite, elle attendit la réaction de la jeune femme avant de poser de nouvelles questions, s'approchant un peu plus près. Elle tendis une main sur le tissu noir qui formait l'habit de Morgana – et non pas sur sa baguette – le pinçant entre ses doigts pour en connaître la matière. Tout le monde s'habille comme ça chez vous ? Et tu fais quoi comme métier ? Saucissonneuse ? C'était ironique, bien entendu. Elle s'écarta finalement de nouveau, allant s'adosser à l'arbre mystique derrière la jeune femme. Elle aimerait tellement savoir ce qui est vrai de ce qui est faux parmi toutes les lectures qu'elle avait pu faire. Beaucoup de choses étaient sans doute fondées, mais l'imagination des rédacteurs empiétait sûrement sur la réalité. Les sorcières des livres sont souvent très moches, avec un chapeau pointu et une verrue sur le nez. Elle fit semblant de la scruter, amusée. Tu ne ressembles pas à une sorcière ! Ce qui l'avait poussé à croire qu'elle était plus une magicienne. Et est-ce que tu vas dans la foret et dans une grotte pour faire des tas de potions bizarres dans un énorme chaudron ? Elle mima à ces mots un arc de cercle géant autour d'elle, faisant office de chaudron imaginaire. Si cette partie de l'histoire était vraie, ce serait quand même sacrément la classe.

Billie avait d'autres questions. Et en réalité, il y en avait une qui lui tenait particulièrement à cœur, une qui avait un sens, une portée, un intérêt majeur. Elle fixa Morgana en silence, hésitante. Si elle lui demandait et qu'elle répondait non, Billie aurait sûrement beaucoup de mal à s'en remettre. Après tout, c'était cet espérance qui l'avait poussée à apprendre tout ce qu'elle pouvait sur la magie de ce monde. Mais si elle répondait oui, alors tout ne ferait que commencer. Tout devenait entièrement possible. Et un jour, peut-être, elle obtiendra la seule vérité qui lui importait vraiment. La sienne.


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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:21

Visiblement, Merlin n’était pas populaire uniquement dans notre monde. Durant ce doux instant qui nous lia en une forte étreinte que Billie renforçait, cette dernière m’affirma que ce grand sorcier apparaissait souvent dans leurs livres ou dans leurs films. La seule différence résidait dans le fait que Merlin n’était qu’un mythe pour eux, donc les moldus ne croyaient pas à son existence. Je ne pus m’empêcher de sourire narquoisement ; qu’ils étaient stupides, tout de même. S’il y avait des traces écrites de son vécu sur Terre, ce n’était certainement pas pour rien. Mais peut-être valait-il mieux qu’ils continuent de se conforter dans l’idée qu’une légende n’est pas vraie.

« Je vois. » Fis-je, doucement.

Je ne répondis rien de plus, attendant que l’étreinte ne cesse. Je ne souhaitais pas lui parler de ce curieux personnage, cela prendrait trop de temps et je n’avais pas envie de faire attendre ma patiente. Moins je lui en disais et mieux c’était. Je m’étais contentée de la complimenter pour sa perspicacité et cela sembla lui plaire. Je commençais à cerner son fonctionnement. Il semblait qu’elle n’ait jamais eu le moindre signe de reconnaissance ou qu’elle devait le trouver par le biais des poings, quitte à ce que cela la blesse.

Maintenant que ses bleus avaient entièrement disparu, elle était bien moins amochée. J’étais d’ailleurs assez fière de ce produit que je venais de lui appliquer. Là où la médecine moldue disait qu’il fallait laisser un bleu guérir tout seul ou tout simplement appliquer une crème pour éviter un hématome, chez nous, tout se passait de manière bien plus efficace. D’ailleurs, en parlant de moldu, voilà que l’enfant venait de me questionner au sujet de ce terme. Ce n’était pas toujours simple de se dire que nos vocabulaires s’éloignaient parfois. Pour moi, ces mots étaient si naturels que je n’avais jamais la présence d’esprit de les justifier. Mais maintenant que j’y repensais, j’avais prononcé ce fameux mot deux fois depuis notre rencontre, alors je pouvais comprendre son ignorance.

« Un moldu, c’est tout simplement un être humain qui n’est pas capable et qui ne sera jamais capable de pratiquer la magie. Toi, par exemple, ou bien ton tuteur. On vous appelle comme ça pour vous distinguer de nous, les sorciers. On vit sur la même planète mais dans des coins éloignés de vous. Enfin, il arrive que des sorciers décident de vivre dans des villes moldues mais ils font très attention à ne pas se faire démasquer. Ils apprennent à vivre comme des moldus, en somme. »

Un frisson d’horreur me parcourut, soudainement. Mes traits se déformèrent. Même si mes opinions avaient changé, je ressentais toujours du dégoût à l’idée de vivre près des moldus ou d’agir comme eux. J’avais beau avoir fait des efforts, il y avait des choses que je ne pourrai sans doute jamais supporter. Les sorciers seraient bien tranquilles si on continuait à établir une barrière entre ces deux mondes. Je ne demandais pas à ce qu’on les torture ou à ce qu’on les considère comme des déchets, mais tout simplement de ne pas trop s’en rapprocher.

Je rangeai donc la pommade dans ma sacoche, me préparant à me relever. Toutefois, l’instant d’après, voilà que la curiosité de la petite parla de nouveau. Elle souhaitait voir ma baguette. Après avoir mûrement réfléchi, je décidai de céder à sa demande. Elle serait ainsi satisfaite et puis je pourrais ensuite lui faire oublier tout ce qu’elle a vu et entendu. Je n’opposai aucune résistance à sa demande et j’extirpai donc mon arme de ma poche intérieure en veillant à bien la tenir à distance des mains voleuses de mon interlocutrice. Je lui fis un rapide résumé des caractéristiques de la baguette et elle ne tarda donc pas à se montrer très intriguée voire impressionnée. Elle inspectait l’objet, penchant la tête pour mieux la visualiser. Je la tenais à l’œil, celle-là. Un seul mouvement et je serais sans doute contrainte de la ralentir avec un Impedimenta. Mais au lieu de cela, elle se lança dans un interrogatoire un peu épuisant.

« Oui, ils existent mais ils sont protégés dans des réserves construites à cet effet. » Dis-je calmement.

J’eus à peine le temps de lui répondre qu’elle me reposa une nouvelle question.

« Non, pas tous. » Répliquai-je sans retenir un soupir.

Mais la suite parvint m’amusa un peu. Elle cherchait à connaître la personnalité de ma baguette et elle me flatta avec des compliments… Bien que les deux derniers adjectifs soient des défauts. Cela dit, ce n’était pas entièrement faux. Pour ma part, j’étais bel et bien têtue et capricieuse depuis ma plus belle enfance. Cela dit, étant quelqu’un de fier, je la lorgnai des yeux à l’entente de ses énumérations.

« Têtue et capricieuse ? Tu peux parler, fis-je en prenant un air moqueur, avant de reprendre mon sérieux. Mais oui, tu as raison. Elle n’obéit qu’à moi parce que c’est une baguette qui s’adapte vite à son possesseur et qui n’accepte donc qu’un seul style de magie. Comme un code d’honneur. »

Cela devait lui suffire comme résumé, puisqu’elle enchaîna encore une fois sur autre chose. Bon sang, cela commençait un peu à me lasser car j’avais le sentiment qu’elle ne s’arrêterait pas de parler avant un bon moment. Et j’avais perdu trop de temps jusqu’à maintenant. La main de Billie s’attarda ensuite sur le tissu de mes vêtements. Je la laissai faire, préférant plutôt préserver ma baguette de ses mains. Elle se lança ensuite dans une nouvelle série de questions.
Tout le monde s’habille comme moi ? Saucissonneuse ? Voilà une idée stupide de métier. Je l’observai, perplexe. Je concevais qu’elle ignorait tout de nous, mais quand même, il y avait une limite à la bêtise.

« Non, bien sûr que non, répondis-je, stupéfaite. Je suis Guérisseuse, je soigne les sorciers malades. Quant à ces vêtements, ne parle pas de cela avec autant de légèreté. C’est de la haute couture, c’est pourtant évident, non ? Ce n’est pas donné à tout le monde, crois-moi ! »

J’apparus assez hautaine sur le coup. Je refusais d’être comparée à n’importe quel sorcier moyen. Non, sérieusement, je sortais du lot. Notre famille avait toujours été fortunée.

S’écartant finalement, la fillette m’évoqua la façon dont les moldus percevaient les sorcières. Dans leurs livres, nous étions loin d’être de bonnes femmes en vue de ce qu’elle me disait. Je trouvais cela assez outrant mais d’un autre côté, c’était compréhensible. Le passé nous en avait fait baver avec toutes ces chasses visant à nous persécuter. J’eus un triste sourire lorsque Billie en parla, avant de l’effacer quand elle affirma que je ne ressemblais pas à ces sorcières laides que les moldus illustraient.

« Vos contes de fées sont différents des nôtres. Tu dois sans doute savoir qu’au Moyen-Âge, les sorciers étaient mal vus et pourchassés ? Les moldus en avaient peur. Tout ce qui leur paraissait différent ou anormal ne méritait pas de vivre. Les Religions ont notamment renforcé ce sentiment et on nous apparentait au Diable. C’est pourquoi nous sommes si mal vus dans vos histoires à dormir debout. Sinon, pour répondre à ton autre question, je n’ai pas besoin d’une forêt ou d’une grotte pour fabriquer des potions. On peut en faire chez nous, à l’hôpital ou même à l’école. » Déclarai-je avec assurance.

J’avais peut-être pris trop à cœur cette réponse. Une école… J’en avais trop dit. Je me jurai de me limiter, désormais, ou tout simplement passer à la suite. Il fallait que je sache où j’étais pour mieux me situer par rapport à Eccleston. Bizarrement, je sentais la petite un peu plus hésitante que toute à l’heure. Cependant, je n’avais pas le temps de m’en occuper ; j’avais déjà soigné ses bleus, je l’avais sauvée des coups de cet homme méprisable et je lui avais apporté un peu de réconfort. J’en avais fait bien assez pour une simple inconnue…

« Bref, comme je te l’ai dit, je suis Guérisseuse. Une patiente particulièrement affaiblie attend son traitement et elle vit à Eccleston. Je me doute que je n’ai pas atteint ma destination, alors est-ce que tu pourrais enfin me dire où nous sommes ? »

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:21

« Moldu ». Voilà un terme que Billie trouvait très étrange. Mais ce n'était pas tant son sens qui lui semblait dérangeant, après tout il est légitime de vouloir différencier les choses qui ne sont pas identiques, que la façon dont Morgana l'utilisait. Elle avait d'abord cru à une insulte, lorsqu'elle l'avait balancé au visage du prêtre comme l'on crache sur un ennemi. Puis elle s'en était de nouveau servie pour, cette fois, la complimenter. Tout cela lui semblait paradoxal. Lorsqu'elle eut terminé son explication, la sorcière laissa transparaître une moue bien plus sévère. Presque réprobatrice. Billie la fixait toujours, laissant ses sourcils se froncer en constatant sa réaction. Elle avait la désagréable sensation que ce terme qui, apparemment, la définissait, n'avait rien de glorieux aux yeux de l'inconnue. Une idée qui, bien entendu, fut loin de lui plaire. Pour autant, elle n'oubliait pas ce qu'elle venait de faire. Avec le prêtre. Ce n'était pas rien. Alors elle prit sur elle et se contenta d'un « d'accord ». Mieux valait qu'elle se concentre sur d'autres questions plutôt que de rester sur ce sujet qui ne lui plaisait finalement pas tant que ça. La baguette magique, elle, était bien plus intéressante. Elle démarra donc en douceur, ne posant que deux questions à la fois et s'amusant à chercher le caractère que pouvait bien avoir ce bout de bois. Plutôt fière des qualificatifs qu'elle lui avait trouvé, elle comprit avec satisfaction qu'elle était proche de la vérité. La magicienne semblait l'avoir bien prit, même si elle lui renvoya ses deux défauts dans la tête. Et elle n'avait pas tort, ce qui ne manqua pas de faire sourire l'orpheline. Mais Billie était sûrement bien plus têtue que capricieuse. Quoique... Peut-être que non, finalement. En tout cas, la loyauté de ce bout de bois lui plaisait beaucoup. Elle avait de la chance. C'est d'ailleurs ce qu'elle lui dit, d'un ton plus effacé. Ta baguette est géniale ! Et comme si Billie craignait que ses réponses n'entraînent la disparition de la jeune femme, elle préféra enchaîner sur d'autres questions. Puis d'autres. Puis d'autres, encore. Elle faisait travailler son esprit et son imagination. Elle cherchait en elle toutes ses interrogations, même les plus folles, pour l'empêcher de parler d'autre chose que de magie. Pour l'empêcher de penser à autre chose qu'à une réponse. Bien sûr, tout cela l'intéressait. Mais elle faisait d'une pierre deux coups : tout savoir, et la garder. Si elle avait été une fée, elle aurait pu la mettre dans un bocal en verre et la tenir captive jusqu'à ce qu'elle soit prêtre à la laisser s'en aller. Mais Morgana était bien trop grande pour entrer dans un bocal. Dommage.

Elle lui apprit ensuite qu'elle était guérisseuse. Billie ne put s'empêcher de sourire. Bien-sûr qu'elle était guérisseuse. Cela semblait si logique, désormais. C'est pour ça qu'elle l'avait confondue avec une druidesse. Et c'est pour ça qu'elle possédait d'étranges produits capables de guérir les bleus. Elle avait été soignée par une guérisseuse, descendante de Merlin. Ça, elle ne risquait pas de l'oublier. Elle ne pourrait sans doute pas s'en vanter, mais ça n'avait pas d'importance. Seul son propre souvenir compterait. Ses yeux s'attardèrent ensuite sur ce long vêtement noir qui lui donnait l'air de sortir d'un conte. Elle se laissa aller à le toucher, sentant la douceur du tissu glisser sous ses doigts et se permettant une nouvelle question. Pour autant, elle ne s'attendait pas une telle réponse. Ses paroles lui firent lâcher sa prise et elle se recula légèrement, la fixant d'un air étonné. Puis son étonnement mua en une irritation tout à fait perceptible. Voilà qu'elle se la jouait vieille bourgeoise friquée. « Haute-couture », un terme qui semblait à Billie aussi ridicule que sa signification. Elle n'y connaissait pas grand chose, si ce n'était ce qu'elle avait pu en voir à la télévision. « Ce n’est pas donné à tout le monde, crois-moi ! ». Et elle n'avait absolument aucun mal à la croire, en effet. Ne pouvant s'empêcher de se sentir vexée, parce que oui, même les orphelines sans le sous ont leur fierté, elle ne cacha pas son agacement, tout comme elle n'avait pas prit la peine de masquer son arrogance. La moldue a comprit. Elle est vraiment désolée. Ce qui, bien sûr, était faux.


Billie s'écarta finalement de Morgana, la contournant pour mieux aller s'adosser à ce chêne qu'elle aimait tant. Ce qu'elle avait vécu aujourd'hui était indescriptible. Incomparable. Rien de ce qu'elle avait pu lire n'était aussi proche de la vérité qu'elle même, en cet instant. Elle fixa de nouveau la jeune femme dont le visage avait perdu de sa prétention, et l'écouta avec attention. Jamais elle n'aurait penser pouvoir discuter de la chasse aux sorcières avec l'une des intéressées. Et sa réponse la toucha. Non pas en raison d'une quelconque diffusion d'émotions, mais simplement parce qu'elle avait trouvé chaque mot d'une justesse parfaite. C'est toujours le cas, tu sais. Je veux dire, on ne parle plus vraiment des sorcières, mais pas besoin d'en être une pour être différent. Et la différence, ils n'aiment pas. Il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. Qui ne convenait pas. Elle avait l'impression que c'était inévitable. Mais elle était certaine que cela touchait tous les hommes. Car si elle avait pu retenir quelque chose de toutes ces lectures, aussi folles qu'elles aient pu lui paraître, c'est qu'il est souvent plus facile d'haïr que d'aimer. Elle même le constatait souvent dans son propre comportement. Elle n'aimait pas. Parce que cela rend trop faible. Et la faiblesse n'est pas conseillée, ici. Elle fixa de nouveau la sorcière, poursuivant ce qu'elle avait commencé. On est toujours trop quelque chose... Trop pauvre. Trop gros. Trop étrange. Elle marqua une légère pause, laissant un petit sourire étirer ses lèvres. Trop moldu ? Un nouveau silence s'installa. Ils disent quoi tes contes sur nous ? Ce sujet intéressait beaucoup Billie. Elle aurait aimé le poursuivre longtemps. Après tout, elle n'avait que rarement l'occasion de parler de ses idées, lui valant généralement moqueries ou corrections. Avec Morgana, elle avait une chance que cela ne se produise pas. Ce serait idiot de l'avoir guérie pour lui faire mal à nouveau. Ou cruel. Puis elle réalisa la deuxième partie de sa réponse, portée sur les potions, les hiboux et les grottes. Faire des mixtures étranges semblait alors tout à fait courant. Billie sourit à cette idée. Elle aurait aimé pouvoir apprendre à faire des potions à l'école. Wouah. Des cours de potions magiques ? Ça doit être tellement passionnant ! Ils apprennent quoi d'autres ? Ça changeait des maths et du français. Ils étaient chanceux, ces sorciers. Si elle avait la chance de pouvoir suivre un cours de potions, ce serait sans doute son préféré*.

Billie permis à son esprit de s'évader un moment, imaginant les cours de ces écoles extraordinaires. Puis une autre question tirailla son esprit. Plus personnelle. Plus difficile à poser. Et le temps qu'elle s'accorda pour y réfléchir fut sans doute un peu trop long, puisque cela permis à l'inconnue de réaliser qu'elle devait s'échapper. L'enfant releva subitement la tête, sortant brutalement de ses rêveries. Sa mâchoire se crispa et son cœur s'emballa. Non. Elle ne la quittait pas du regard, gardant le silence jusqu'à trouver quoi répondre. Quelqu'un avait besoin d'elle, apparemment. Et bien que Billie aurait préféré la garder quelque part, elle comprenait que ce qu'elle avait à faire était important. Mais cela ne signifiait pas pour autant qu'elle était prête à la laisser filer. « Non ! » fut sa première réaction. Non quoi ? Non je te dis pas ou tu es. Non je ne te laisse pas partir. Non elle n'a pas besoin de toi. Moi oui. Une nouvelle vague d'émotion l'envahit. Elle ne voulait pas retourner à cette réalité fade et ignorante. C'était inconcevable. Mais elle ne réussirait pas non plus à la retenir longtemps. Alors il n'y avait qu'une seule solution à cela. Billie s'approcha de nouveau de la jeune femme, semblant bien plus distante. Etrangement, elle n'osa pas trop avancer, préférant laisser entre elles un petit mètre. De quoi avait-elle peur ? De rien. D'elle-même. De ce la force des sentiments qu'elles ressentaient sans doute pour la première fois de sa courte vie. D'une voix qu'elle tenta de faire passer pour assurée, elle poursuivit : Je sais ou c'est Eccleston. Enfin à peu près. Je peux te montrer ! Billie jeta un œil vers l'homme toujours étendu à terre, homme qu'elle avait oublié pendant quelques instants. Puis ses yeux se posèrent de nouveau sur la sorcière. Et au cas ou le message n'aurait pas été assez clair, elle ajouta d'une voix étouffée, gagnée par la détresse : Emmènes-moi avec toi. Elle ne pouvait pas dire non. Elle ne pouvait pas la laisser là. Et si, pourtant, elle refusait, Billie ne laisserait pas son émotion entraver les multiples arguments qui lui fusillaient déjà l'esprit.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:21

L’enfant ne me posa pas plus de questions que cela au sujet des Moldus, se contentant d’acquiescer mes explications. Je n’avais pas caché ce dégoût assez froid à l’évocation de ce mot mais je doutais fort qu’elle ne fasse le lien avec quoi que ce soit d’autre. Il semblait que ma définition lui suffise et c’était sans doute mieux ainsi. Nous étions donc vites passées au sujet de ma baguette magique qu’elle observait avec émerveillement alors que moi, je ne voyais là qu’une fidèle amie que je connaissais depuis tant d’années. Mais elle me flattait avec ses compliments, notamment en la qualifiant de « géniale » comme elle venait de le faire. Les prodiges de celle-ci m’avaient toujours honorée, me sortant bien des guêpiers les plus tortueux et m’aidant de manière salvatrice lorsque la situation l’exigeait. Son fameux code d’honneur comportait un style de magie alliant deux façons de faire : les soins et la force brute. Prédisposée pour les maléfices à la base, je l’avais soumise à un usage très régulier dans l’univers des Potions, ce qui fait que ses particularités ont également dû s’adapter à mon domaine. C’était une baguette « géniale », en effet. Je me contentai de sourire doucement, n’ajoutant aucun détail là-dessus.

Vint ensuite la question sur mon métier. Elle ne semblait jamais vouloir faire de pause. J’avais l’impression que c’était cette enfant qui allait m’emprisonner dans cet endroit et je n’avais pas de temps à perdre avec ce genre de broutilles. Elle avait néanmoins réussi à me vexer et je ne m’étais pas gênée pour lui répliquer de manière stupéfaite. Cela pouvait paraître vaniteux de ma part mais je ne rentrais pas dans n’importe quelle boutique du coin. En tout cas, ma réflexion ne plut pas à Billie qui se braqua bien vite en s’excusant de manière très peu convaincante. Je demeurai neutre, y passant outre. Je n’avais pas envie de prendre au sérieux une conversation avec elle, cela ne ferait que perdurer notre échange. L’enfant finit par me contourner pour s’installer auprès du fameux grand chêne qui se tenait à proximité. Je restai debout, les bras croisés tandis qu’elle m’énumérait une série de vieux clichés sur les sorciers. Je lui avais répondu avec sincérité, évoquant les coutumes moldues du Moyen-Âge à l’égard de notre communauté. Je ne savais pas comment les moldus d’aujourd’hui voyaient l’Histoire mais puisqu’il ne croyait pas facilement à la magie à cause de la Science, je devais en conclure que la Religion était moins importante qu’auparavant. J’avais été un peu trop entraînée dans cette histoire dans ma réponse et je le regrettai bien vite. Elle relevait facilement mes propos et j’avais l’impression qu’elle était bien trop mature pour son âge. Son analyse de ce que j’avais dit ne m’étonna pas. Elle m’avoua que dans son univers, la différence faisait également défaut. Je ne laissai rien transparaître sur mon visage. A vrai dire, on m’avait tellement dit des choses affreuses à leur sujet quand j’étais petite que cela correspondait clairement aux préjugés que j’avais sur eux. J’avais tâché de m’en défaire au fil des années mais je ne faisais que les tolérer et les respecter pour ce qu’ils pouvaient apporter à l’évolution de nos deux mondes. Cela s’arrêtait à là et je n’avais nullement l’intention de vouloir m’en approcher pour un autre prétexte que le travail. J’acquiesçai lentement de la tête.

« Ce n’est pas surprenant. »

Trop étrange, trop gros, trop pauvre. Elle n’avait pas tort. Et à Poudlard, j’avais été la première à critiquer tout le monde parce qu’ils étaient justement « trop » quelque chose. J’étais aujourd’hui en position de pouvoir mieux comprendre certaines choses mais cela n’avait pas toujours été si simple que cela.
Ce qui me dérangea toutefois fut cette question sur ce que nous pensions des moldus. Je pouvais lui dire la vérité mais je préférai me cantonner à une version plus courte des choses pour qu’elle évite de me questionner à nouveau.

« Nos contes vous font simplement passer pour des figurants ignorants tout de la magie. Rien de bien spécial, je dirais. » Affirmai-je, toujours avec assurance.

Nous passâmes bien vite au sujet des cours de potions magiques et je n’avais vraiment pas le temps de m’étendre là-dessus. Je me contentai donc du strict minimum mais j’affichai un fin sourire à l’égard de son compliment sur ma matière favorite :

« Les potions sont fascinantes, en effet. Sûrement l’une des meilleures matières que l’on enseigne à l’école. On y apprend aussi à formuler des sorts et des connaissances dans d’autres domaines comme l’Astronomie ou encore l’usage des Plantes. »

On se contenterait de cela pour une moldue, il n’y avait pas besoin d’évoquer des termes complexes tels que Défense contre les Forces du Mal ou bien Arithmancie, Etude des Runes Anciennes, etc. Je souhaitais vraiment m’en aller, maintenant que j’étais certaine que toute cette histoire était réglée. La fille était soignée et rassurée, je n’avais donc plus rien à faire ici. J’en fis part à la fillette, lui demandant de me révéler le nom de l’endroit où nous étions. Mais contre toute attente, elle releva brusquement la tête et cria un « Non » catégorique qui me valut presque un sursaut. Outrée, je l’observai d’un air sévère, ne me laissant pas avoir par ses airs presque affolés. Je ne savais pas ce qu’il lui prenait…

« Comment ça non ?! Nous avions un accord. Je t’ai montré ce que tu voulais voir ! » Haussai-je le ton.

Elle ne réagit pas à ma protestation, se contentant de s’approcher de moi, la mâchoire toujours crispée. J’ignorais ce qu’elle avait en tête mais cela ne jouait pas en ma faveur. Je la défiai du regard, prête à me défendre au cas où elle tenterait quoi que ce soit de suspect. Je ne pensais pas qu’elle m’attaquerait mais je restais sur mes gardes puisque je la savais sournoise. Un mètre seulement nous séparait et je serrais ma baguette. La petite ouvrit de nouveau la bouche de manière confiante, me disant qu’elle connaissait Eccleston et qu’elle pouvait me montrer. Me montrer ? Cela signifiait qu’elle devrait venir avec moi et ce n’était vraiment pas envisageable. Les mains sur les hanches me faisant paraître plus imposante, je la scrutai avec autorité :

« Non, il n’est pas nécessaire que tu me montres Eccleston. Dis-moi juste quel est le nom de cet endroit ou au moins la direction à prendre et je me débrouillerai. »

Billie avait brièvement observé le prêtre avant de reporter son regard sur moi. Je devinais à quoi elle pensait. Elle n’avait pas envie de se retrouver avec cet homme au cœur dur. Je pouvais le comprendre et je n’aimais pas non plus la façon dont il la traitait. J’avais pris à cœur le fait de la défendre et de la rassurer, mais cela devait s’arrêter là. Je n’avais pas à m’encombrer d’une moldue dans le cadre de mon travail.

Finalement, ce que je craignais arriva : elle me demanda de l’emmener avec moi. J’hochai négativement de la tête et tranchai sur un ton catégorique :

« C’est hors de question, navrée. Je ne peux pas t’emmener avec moi, tu n’es pas une sorcière ! Tu dois rester ici. Ne discute pas, s’il te plait. »

Je levai un œil vers le prêtre avant de me tourner encore sur mon interlocutrice, attendant une réaction.


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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:21

1. Le déni.
Billie tentait de faire comme si de rien n'était. Elle lui posait des questions, écoutait attentivement ses réponses puis la relançait encore. La différence, les contes, les potions. Elle faisait marcher son cerveau à cent à l'heure, pour paraître intéressante, pour lui donner envie de rester. Pour lui faire oublier qu'elle devait s'en aller. Elle aurait presque pu disserter sur la couleur des petits pois pendant des heures si cette créature s'en était passionnée. Elle voulait faire comme si l'issue la plus terrible était irréalisable. Comme si la menace de son départ n'était pas réelle. Comme si elle ne la sentait pas lui échapper. La distancer. L'oublier. Ce n'était tout simplement pas possible. Ce n'était pas une option. Alors elle parlait encore jusqu'à ce que l'inconnue rompe ce frêle équilibre en lui intimant de lui donner la seule réponse qu'elle attendait vraiment. La seule qui lui importait et que Billie ne voulait pas lui offrir. Elles n'étaient pas dupes, ni l'une ni l'autre. Chacune semblait pouvoir lire le manège de l'autre. Et par ses quelques mots qu'elle prononça de façon aussi détachée qu'on pouvait s'y attendre, Billie fut frappée par la réalité. Cette réalité qu'elle tentait de nier par tous moyens.

2. La colère
Et puisqu'elle ne pouvait y échapper, à cette réalité qu'elle se refusait d'entendre, alors elle lutterait. Pensait-elle réellement qu'elle la laisserait s'en aller comme ça ? Non. Hors de question. Elle avait trop de besoin d'elle, de la connaître, de la comprendre. Elle avait besoin de la voir pour se rappeler qu'elle n'était pas aussi folle que les autres le prétendaient en douce. Elle avait besoin de lui parler pour se sentir vivante. Pour se sentir bien. Heureuse. Alors oui, elles avaient un accord. Et oui, Morgana avait respecté sa part du contrat. Mais Billie n'en ferait pas autant, et elle ne le regretterait pas. Qu'était un simple mensonge face à tout le reste, tout ce qu'elle pouvait lui apporter ? Elle saurait se faire pardonner. Mais pour l'heure, la sorcière devait rester. Alors elle se tenait droite, face à elle, refusant de lui donner ce qu'elle voulait. Un mètre à peine les séparait et l'indignation de l'inconnue était visible. Elle était même compréhensible. Mais l'enfant ne céderait pas. Elle ne lui donnerait pas si facilement l'opportunité de l'abandonner. De la laisser derrière elle comme si sa bonne action effacerait tout. Non. Et si elle ne pouvait pas la retenir, alors elle partirait avec elle. Point final.


3. Le marchandage
Morgana semblait réellement tenir à savoir ou elle se trouvait. Soit. Billie était la seule à détenir cette information, alors peut-être pourrait-elle obtenir quelque chose en retour. Elle se mit donc à négocier. Tu peux partir, mais je pars avec toi. Le deal était des plus justes, non ? Et puis tout le monde serait content. Billie quitterait ce monde dans lequel elle ne s'était jamais sentie à sa place pour en découvrir un autre empli de mystères. Un monde bien différent où, elle en était persuadée, elle se sentirait bien. Et la sorcière aurait sa réponse, pouvant aller aider qui elle voulait où elle voulait. Mais Morgana refusa. Comment le pouvait-elle ? Et avait-elle vraiment le choix ? Elle n'était pas une sorcière, et alors ? Qui le saurait ? Comment pouvait-elle lui dire non ? Comment pouvait-elle décider de la laisser derrière ? Elle n'avait pas le droit. Elle ne pouvait pas faire ça. Billie était transcendée par la panique, la colère, la frustration et cette bribe d'espoir. Tout n'était pas perdu. Elle n'avait pas encore dit son dernier mot. Sans bouger de l'endroit ou elle se trouvait, elle adressa un nouveau « Non ! » à la sorcière. Mais c'est pas grave si je ne suis pas une sorcière ! Personne n'en saura rien. Je te jure, je ferai attention ! Je parlerai pas ! J'écouterai tout ce que tu me diras. Je ferai tout ce que tu voudras sans jamais désobéir ! Elle lui offrait sa totale dévotion. Elle acceptait de laisser son caractère de côté. Ses convictions. Ses questions. Tout. Elle lui donnerait tout si seulement elle acceptait de l'emmener avec elle. Ses yeux brillèrent d'une nouvelle émotion. La panique, la colère, la frustration et l'espoir étaient toujours là, bien-sûr. Mais le sentiment qui l'envahissait peu à peu était plus fort encore. Plus difficile à supporter. C'était le désarroi. Le désarroi et cet affreux vide qui s'installait dans tout son corps. Dans son cœur. Dans son âme, presque. Comme si la perdre signifiait tout perdre. Alors même qu'elle n'avait jamais rien possédé. Je t'en prie. Sa voix était ténue, son visage dénué de toute fierté. Elle était aussi prête à lui offrir sa dignité.

4. La dérpession
Billie se sentait faiblir. Elle se contentait de fixer Morgana, en silence. Elle espérait de ton son cœur qu'elle saurait se laisser convaincre. Et cette sensation de vide qui gagnait du terrain. Qui engloutissait chaque sursaut de courage, d'espoir et de tout autre sentiment qui aurait pu se trouver son chemin. Elle se sentait si seule. Elle ne voulait pas qu'elle la rejette. Elle ne voulait pas qu'elle l'abandonne. Elle l'avait dit elle même, elle était plus évoluée que les autres moldues. Alors elle saurait s'adapter ! Elle le saurait... Billie osa un pas en avant. Elle avait l'impression qu'une masse s'était effondrée sur elle, la vidant de toute énergie, de toute envie. Ses yeux glissèrent à nouveau sur le prêtre qu'elle fixa avec tristesse, puis ils retrouvèrent ceux de Morgana. Quand tu seras partie et qu'il se réveillera, il me tuera. Elle avait affirmé ça d'un ton des plus neutres. Elle ne tentait pas de négocier, ni même de la culpabiliser. Elle énonçait simplement un fait qu'elle croyait des plus vrais. Il n'oubliera jamais ce que tu lui as fait et la façon dont tu l'as humilié. Avec moi. Il ne me pardonnera pas. Il n'était pas du genre à pardonner. En tout cas, pas sans douleur. Et de la douleur, il en faudrait beaucoup pour lui faire avaler tout ça. Probablement beaucoup trop.

Quelque chose d'étrange se produisit ensuite. Quelque chose qu'elle ne sentit même pas venir tant il était rare que cela se produise. Billie fixait Morgana en silence alors que ses joues étaient progressivement envahies de petites perles humides. Ses yeux jusque là brillants et embrumés étaient en train de pleurer. Son visage ne changea pas pour autant d'expression, elle ne s'en souciait pas. Elle s'était toujours interdit de pleurer, préférant se montrer comme une enfant solide. Mais là, cela n'avait plus d'importance. Si tout était terminé, alors on se fichait bien de savoir qui était faible et qui ne l'était pas. Elle laissa donc ses larmes rouler sur son visage, avant de tenter une fois de plus de la convaincre : Je t'en prie... C'était tout ce qu'elle trouva à dire alors qu'elle se tenait toujours devant elle, vide de toute défense. Elle lui avait offert tout ce qu'elle pouvait lui offrir. Ses yeux roulèrent une fois encore sur le côté, fixant cet homme allongé sur le sol, avant de les fermer. Peut-être que lorsqu'elle les rouvrirait, tout serait différent. Mais elle n'avait plus envie de lutter. Pour la première fois de sa vie, elle était prête à laisser tomber. Le vide s'était emparée d'elle, anesthésiant probablement ses sursauts de courage et de hargne. Alors dans un murmure, elle finit par avouer. L'orphelinat de Chester. Ces mots lui transpercèrent le cœur, finissant de l'achever. Oui, elle avait tout donné. Et désormais, elle était démunie. Redevenant la simple petite fille qu'elle aurait sûrement toujours dû être.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:21

Je savais que mon refus n’allait pas lui plaire et je pouvais d’ors et déjà sentir la colère monter en elle. Elle pouvait dire de moi mais en termes de caprices, elle battait pas mal les records. J’avais face à moi l’exemple typique d’un enfant qui se mettrait à rager si on lui refuse l’achat d’un jouet quelconque. Ce n’était pas facile de se débarrasser de telles furies et je comptais bien ne pas trop tarder ici. Les mains toujours sur les hanches, je ne cédais pas et je demeurais inflexible. C’était à son tour d’honorer sa part du marché et j’étais plutôt à cheval sur ce genre d’accord. Elle avait bien de la chance que le serment inviolable n’existe pas dans son monde, sinon, elle serait morte. Je l’observais se tenir bien droite devant moi, comme si elle tenait à créer un barrage qui m’empêcherait de passer. C’était à la fois mignon et inutile et si je le voulais vraiment, je l’aurais plongée elle-aussi dans un coma avant de lui retirer ses souvenirs et de m’éclipser. D’ailleurs, c’est ce que j’allais sûrement faire pour m’échapper d’ici ; je le savais depuis le début mais j’avais repoussé l’échéance de ce moment. Même là encore, j’attendais qu’elle me donne l’information avant de le faire. Billie commençait sérieusement à m’énerver et j’étais partagée entre ce sentiment de fureur et la compassion vis-à-vis de ce qu’elle vivait ici. Mais son indignation témoignait refoula bien vite cette impression de mon être ; je n’aimais vraiment pas que l’on s’oppose à moi.

Finalement, elle changea de stratégie. J’avais lu cette étrange lueur dans son regard, comme si une idée avait germée dans sa tête et ce n’était pas bon signe pour moi. Qu’allait-elle donc faire ? Voler ma baguette serait une vaine tentative. Appeler ses camarades en renforts pour me gêner encore plus ? Même si elle ne les appréciait pas, cela restait une hypothèse probable. Continuer de négocier ? Apparemment, oui. C’est ce qu’elle décida de faire et, à cette instant, je ne parvenais pas bien à identifier son expression qui mêlait colère, frustration et une pointe de frayeur. Après un nouveau « non » catégorique auquel je répondis par un profond soupir de consternation, la petite minimisa le problème. Selon elle, ce n’était pas grave si elle n’était qu’une moldue puisque personne ne le saurait. Elle ferait attention et ne parlerait pas. Elle écouterait tout ce que je lui dirai de faire et elle exécuterait tous mes ordres. Sans jamais désobéir… cela sonnait un peu ironique de la part d’un tel caractère bien trempé. Je me demandais bien ce qui lui passait par la tête pour me dire de telles choses… Si elle disait vrai, elle était tout simplement folle. J’avais beau me dire que ce n’était que des bêtises, le simple fait de la regarder droit dans les yeux me montrait le contraire. Ils brillaient d’une émotion qui retranscrivait bien plus sa panique, sa colère et son espoir. Je me sentais étrange face à cela. Cela m’atteignait peut-être mais je ne pouvais pas céder à sa demande, puisque nous n’étions pas faites pour vivre dans le même monde. Billie devait le comprendre, qu’elle le veuille ou non.

« Cela ne change rien, je ne te demande pas tout cela. Tu ne peux tout simplement pas venir, c’est comme ça. » Dis-je en restant ferme.

Mes paroles n’étaient pas très engageantes pour elle et je pouvais dès lors voir naître en elle un cruel désarroi. Puis, elle me supplia d’une petite voix, rejetant la fierté qui l’avait fait dresser face à moi, toute à l’heure. Je roulai une nouvelle fois des yeux avant de soupirer derechef. Billie ne lâchait pas le morceau et je n’étais pas insensible face à son air chagriné. Comment avait-elle pu s’attacher autant à moi en moins d’une heure ? Il m’était difficile de conserver ma froideur et ma distance devant une telle plainte de sa part. Je me sentais coupable de l’avoir un peu trop approchée et de m’être permise certaines familiarités avec elle. Je n’avais jamais eu l’intention de devenir quelqu’un d’important pour elle, quelqu’un à qui elle pourrait se rattacher. Ce n’était pas bon, ni pour elle, ni pour moi.

« Je ne peux pas. »

Je l’observais d’un air désolé, un sourire triste au coin des lèvres. Nous échangeâmes un regard dans lequel elle essayait de me convaincre d’accéder à sa requête. Je la sentais perdue, paniquée et triste. Je ne voulais pas la faire pleurer, ni lui briser le cœur mais je n’avais pas d’autre choix que de mettre fin à ses espoirs.
Elle jeta un coup d’œil au prêtre avant de me dire qu’il la tuerait une fois que je serai partie. Il n’oublierait jamais mes propos et il exercerait la punition sur elle par ma faute. Sur ce coup-là, elle avait tort. J’avais bien l’intention de lui effacer ses souvenirs pour ne pas qu’il se souvienne de cette rencontre. Alors qu’elle osa un pas en avant vers moi, je m’abaissai à sa hauteur. J’avais cessé d’être en colère, prise d’une empathie venue de nulle part. La pauvre enfant…
Je posai une main sur son épaule avant de relever son visage du bout de l’index pour qu’elle m’observe bien droit dans les yeux. Je devais être persuasive pour lui retirer cette idée de la tête. Je pris quelques secondes pour bien scruter ses prunelles avant d’ouvrir la bouche.

« Je te promets qu’il ne te fera aucun mal à cause de cela. » Lui assurai-je d’une voix douce et presque solennelle.

Elle n’aurait pas à souffrir de la main rude de cet homme. Elle n’avait rien à craindre de cette journée. J’étais sur le point de me relever lorsque des larmes se mirent à perler sur son visage. Mon cœur se serra ; nous en étions donc venues à ce point… Je ne voulais pas qu’elle pleure, oh non. Billie était peut-être une simple moldue mais voir un enfant pleurer et être triste par ma faute me faisait de la peine.

« Non, ne pleure pas, Billie… »

C’était la première fois que je prononçais son prénom. Il lui allait bien. Cela sonnait parfaitement pour une petite fille avec un sale caractère et qui prônait la colère avant les pleurs. Elle était plus sensible que ce qu’on pouvait croire, visiblement. Je remontai mon index jusqu’à ses joues pour lui essuyer ses larmes avec la même tendresse que toute à l’heure. Une fois de plus, elle me supplia. Et ses larmes ne cessaient jamais de couler, je n’en voyais presque pas la fin. Je fis donc apparaître un mouchoir à l’extrémité de ma baguette avant de lui essuyer le visage convenablement.

« Dis-moi où nous sommes, s’il te plait. » Finis-je par lui demander dans un murmure.

Je me contrôlais du mieux que je le pouvais mais c’était difficile. J’étais émue et j’avais le sentiment que j’allais réellement la blesser si je partais. Alors qu’elle observait une énième fois le prêtre, elle finit par avouer le lieu où nous étions, dans un autre murmure. Chester… Mais oui, il s’agissait de la plus grande ville du périmètre, située au nord d’Eccleston. Avec un simple sortilège faisant guise de boussole, je pourrais sans doute me repérer, en plus des panneaux. Maintenant, Billie n’avait plus aucune raison de m’empêcher de partir ; j’avais obtenu l’information. Je lui souris légèrement, la gratifiant d’un « Merci » sincère. C’était dur de me dire que j’allais devoir la quitter. D’un seul coup, je sentais mon cœur s’alourdir… Il ne fallait pas que je sois en proie d’émotions cruelles mais je n’arrivais pas à les empêcher de m’affecter. Sa mine toute triste demeurait, il n’y avait aucun sourire sur ses lèvres. Je l’observais tristement, ma main se mettant à caresser affectueusement sa chevelure, avant de lui dire :

« Écoute, ce n’est vraiment pas possible que tu viennes avec moi et tu dois le comprendre. Ta place est ici. Je sais que ce n’est pas facile pour toi, mais il ne peut en être autrement. C’est comme ça et tu dois faire avec. Continue de te battre comme tu peux pour bien grandir et un jour, tu seras libérée de tout cela. »

Puis, je finis par me lever en faisant disparaître le mouchoir en papier avec ma baguette. Il était l’heure de lui dire adieu. Je me sentais maussade, mal à l’aise. Cette petite restait attristée et cela me chagrinait presque, contre toute attente. Je pointai ma baguette sur elle, prête à prononcer la formule…


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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:22

Billie était tenace. Tenace, mais réaliste. Elle avait vite compris qu'un simple refus ne suffirait pas à empêcher Morgana de s'en aller. Alors elle devait réfléchir, et vite, à un nouveau plan. C'était assez inhabituel en réalité. Tout simplement parce que, généralement, les poings suffisaient. Bien entendu, elle n'avait jamais eu l'intention de la frapper -quoi que- et, dans tous les cas, elle n'aurait clairement pas eu le dessus. Alors plutôt que de concentrer son énergie sur sa colère, elle tenta de la canaliser sur ses capacités à négocier. Un art bien difficile, il fallait l'avouer. Mais des arguments, elle en avait. Et puis Morgana finirait bien par céder. N'est-ce pas ? Alors Billie engagea les pourparlers, puisant au plus profond d'elle-même toute la conviction qu'elle pouvait y trouver. Elle se tenait droite, elle la fixait. Et elle négociait. Elle négociait avec tout son cœur. Pourtant, cela ne sembla pas suffire. Morgana refusa une première fois et Billie sentit son corps trembler. Mais elle se devait d'insister, comme elle le pouvait. Elle n'avait plus rien à offrir. Elle lui avait tout proposé. Mais la sorcière n'en avait pas voulu. Elle avait balayé ses dons d'un simple mot. D'un signe de tête. Comme si ce n'était rien. Alors l'enfant tentait de ne pas perdre pieds, cherchant quelque chose d'autre à dire. Quelque chose de percutant. Quelque chose qui changerait tout. Mais rien. Rien ne lui venait. Rien à part ce cruel sentiment d'échec, d'abandon et de solitude qu'elle laissa grimper en elle alors qu'elle fixait toujours celle qu'elle ne voulait pas voir partir. Il ne lui restait plus qu'à supplier. C'était la seule chose qu'elle n'avait pas encore tentée. Et elle s'exécuta. Aussi difficile que cela ait pu être, elle s'en foutait bien. Il fallait qu'elle aille jusqu'au bout. Qu'elle se livre entièrement. Mais une fois de plus, Morgana refusa de céder. Etait-elle en train de perdre ? Etait-ce possible qu'elle ne puisse pas la retenir ? Qu'elle ne puisse pas partir d'ici ? Oui. Apparemment. Et malgré la douceur qui s'était installée dans la voix de la sorcière lorsqu'elle lui avait de nouveau dit non, Billie fut frappée de plein fouet. C'était douloureux. Et violent. Parce qu'elle réalisait enfin que tout espoir était vain. Qu'elle la regarderait partir sans elle, loin, tandis qu'elle retournerait à ses occupations. A ses guerres et à ses rituels. A son isolement et son ennui. L'espoir est une chose bien cruelle. C'est ce qu'elle avait appris à l'instant. Et ça, il faudra qu'elle s'en souvienne.

Alors tout était réellement perdu. Tout était fini. Elle lui avait tout donné mais Morgana ne voulait pas d'elle. Elle se fichait bien de ce qu'elle pouvait lui offrir. Subitement, sans même qu'elle-même ne s'y attende, Billie coupa le courant. Dans son corps et dans sa tête. Elle bloqua tout, pour qu'aucune autre de ces émotions ne prennent le dessus. Il n'y avait plus rien en elle si ce n'était le vide. Le vide accroché à ce désarroi qui bouffait ses entrailles. Ses yeux scrutèrent le corps inerte du prêtre. Inerte mais bien conscient, selon les dires de la sorcière. Il devait bien se marrer à l'heure actuelle. Il devait être heureux de la voir aussi lamentable. Parce que c'est ce qu'elle était, lamentable. Et puis elle imagina son réveil. Elle imagina sa réaction. Sa punition. Mais après tout, peu importait la fin. Pourquoi aurait-elle envie de protéger sa vie si elle n'était faite que de ces choses aussi banales qu'inutiles ? Si on ne la laissait pas aller là ou elle se sentirait chez elle ? Non, vraiment. Aucune importance. Alors les mots sortirent de sa bouche d'une façon étrangement détachée. Elle fit part à la sorcière de ses conclusions. De ce constat semblant des plus probables. Ses yeux restaient plongés de le vague alors que sa bouche transmettait lentement ses pensées jusqu'à ce qu'un choc la ramène à la réalité. Ce choc n'était en réalité qu'un simple contact. Son contact. Sa main sur son épaule. Son doigt sur sa peau. Billie suivit le mouvement que lui indiquait son index, retrouvant les yeux bleus qu'elle avait jusqu'alors quitté. Le regard de Morgana était désarmant. Profond. Et elle le lui rendit, avec toute la sincérité qu'elle pouvait. Sans parures, sans défenses. Et puis de toute façon, maintenant, elle n'en avait plus aucune. Elle voulu lui sourire. Acquiescer à ses mots doux. Mais au lieu de cela, le vide qui s'était installé en elle la percuta encore plus violemment, jusqu'à inonder tout son être. Et loin d'un sourire, ce furent des larmes que Billie lui offrit. Elles coulaient, seules, avant même qu'elle ne réalise leur présence. Elles étaient là et emportaient avec elle le surplus de tristesse qui noyait l'enfant. Elle fixait toujours Morgana, consciente de ce qu'elle lui disait sans pour autant être capable de répondre quoique ce soit. Elle était comme paralysée. Elle aussi, saucissonnée. Prisonnière de cet état qu'elle ne voulait finalement pas quitter. Elle lui demanda de ne pas pleurer et les larmes coulèrent davantage. Elle avait dit son prénom. Sa voix faisait résonner son corps et trouvait écho dans les battements de son cœur. Oh non, elle ne voulait pas qu'elle s'en aille. Elle et sa force. Elle et sa douceur. Elle et cette sensation que quelque chose de mieux existe ailleurs. Quelque chose de parfait. D'unique. Tout était sur le point de disparaître. Elle était sur le point de disparaître, emportant avec elle ses mystères. Billie ferma les yeux alors qu'elle sentait un mouchoir essuyer ses joues humides. Même la vision de cette magie ne la consolait plus. Parce qu'elle ne voulait pas que ce soit un simple souvenir. Elle voulait que ce soit une réalité. Un quotidien. Son quotidien.


Alors elle se laissait bercer par cette étrange aphasie, ne déliant sa langue que pour lui dire ce qu'elle voulait entendre. Voilà. Pars maintenant. Vas-t-en et laisse moi là. Demain tu m'auras déjà oublié. Mais elle, elle ne l'oublierait pas. Jamais. Non, jamais. L'enfant rouvrit doucement les yeux desquels ne s'écoulaient plus de larmes. Elle leva de nouveau les yeux sur la sorcière qui venait de la remercier. C'était inutile, pourtant. Elle avait gagné, Billie avait perdu. Le seul combat qu'elle aurait vraiment aimé remporter venait de tourner au K.O. alors qu'un nouveau contact était en train de se créer. Billie sentit sa main caresser ses cheveux tandis qu'elle refusait de la quitter du regard. Peut-être réussirait-elle à la retenir ainsi. En la regardant. En volant son image. Et comme si Morgana avait perçu ses nouvelles espérances, elle y mis un terme une fois de plus. A moins que ce ne soit elle-même qu'elle cherchait à convaincre. Quoiqu'il en soit, aucun mot ne sortit de la bouche de l'enfant. Elle se contentait de la fixer, attendant que le moment arrive. Qu'elle s'éloigne avant de disparaître. Pour toujours. Mais au lieu de cela, elle brandit ce bout de bois qu'elle aimait tant sur Billie. Surprise, elle eut d'abord un léger sursaut. Ses yeux s'écarquillèrent et elle ne pouvait les détacher de la baguette. Qu'est-ce qu'elle foutait là ? Pourquoi faisait-elle ça ? Et comme si un électrochoc venait de réveiller son esprit, l'enfant prit de nouveau conscience de l'existence de son instinct de survie. Levant des yeux incrédules vers Morgana, elle fit un bond en arrière, mettant une main devant elle comme pour se défendre. Réaction sans doute inutile contre de la magie, mais ses réflexes de moldue ne lui permettaient pas de faire autrement. Dans la précipitation, elle trébucha encore. Et tandis qu'elle se relevait d'une main, le visage toujours figé par la stupeur, elle prit enfin la parole. Mais qu'est-ce que.. qu'est-ce que tu fais ? Elle l'avait soignée avec sa magie et elle avait stoppé net le Prêtre Celynen avait cette même baguette qu'elle pointait désormais sur elle. Pourquoi ? Voilà la seule chose qui lui venait en tête. Pourquoi. Car si Billie avait bien compris que la sorcière ne pouvait pas rester, elle n'avait pas saisit que son départ signifiait qu'elle devait se débarrasser d'elle. Et si cela devait être son dernier jour sur terre, alors elle voulait au moins savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:22


L’enfant semblait vouloir me retenir en captant mon regard, comme si elle désirait enfermer ma présence auprès d’elle. Elle avait besoin de repères plus corrects dans sa vie mais je ne pouvais pas les lui offrir même si je le voulais. Nous n’étions pas destinées à nous revoir et je ne pensais pas que le monde des moldus devait se mêler au nôtre. Chacun sa route, chacun son foyer, c’était comme ça et pas autrement. Cela me faisait tout de même mal de la voir dans un état aussi accablé et abattu.

Ma baguette se pointa vers elle, suscitant sa grande surprise comme si elle était frappée par un coup d’éclair. Son regard se fit moins vide et triste, baigné dans l’incrédulité et l’incompréhension la plus totale. Elle fit un bond en arrière, méfiante et pensant pertinemment que ma brindille n’allait pas lui faire le plus grand bien. Elle se doutait bien que j’allais devoir m’en aller et que, pour cela, il fallait que je l’empêche de me retenir. Tendre sa main devant elle ne l’aiderait pas du tout et je l’observai calmement, comme un prédateur guettant sa cible frêle et prise au piège. Je m’avançai lentement vers elle, pas à pas, prête à prononcer le sortilège même si ses réactions me retardaient de quelques secondes. Elle trébucha au sol, maladroite dans ses mouvements, avant de se relever péniblement d’une main. La stupeur la gagnait peu à peu et je devais bien reconnaître qu’elle était dans une situation assez pitoyable. Billie me demanda ce que j’étais sur le point de faire et, honnêtement, je n’étais même pas obligée de lui répondre. Ce serait sans doute mieux que je ne lui dise rien, cela me chagrinerait encore plus d’exprimer mes intentions. Je ne voulais pas qu’elle hurle non plus en cherchant du renfort dans son orphelinat, alors je devais agir vite.

« Tu ne souffriras pas. » Me permis-je au moins de lui avouer.

Si cela pouvait au moins la calmer, cette affirmation n’était pas de refus. Je pris une profonde inspiration tout en l’observant. Je ne voulais même pas lui dire au revoir, ce serait un mot de trop et elle ne s’en souviendrait jamais. Un peu peinée de constater que ses yeux demeuraient humides, je murmurai un doux :

« Oubliettes. »

Un filet de lumière très fin s’échappa de ma brindille avant d’entourer la fillette d’un halo de chaleur qui viendrait impacter son cerveau. Aussitôt, ses expressions devinrent neutres, indifférentes, rêveuses et son regard était lointain. Elle ne bougeait pas, figée sur place comme si elle était perdue entre l’illusion et la réalité. C’était un état de stase durant lequel son cerveau était complètement déconnecté puisque la magie opérait pour supprimer à tout jamais ses souvenirs. Je n’avais donc pas de temps à perdre, il fallait que je me hâte de faire subir la même chose au prêtre. Mais avant, je tenais au moins à lui laisser cette fameuse pommade qui pourrait l’aider à se soigner les fois prochaines où elle subirait des coups. D’un coup de baguette, j’y inscrivis : ‘contre les bleus’ sur l’étiquette vierge pour qu’elle sache de quoi il s’agissait. Je la déposai ensuite dans l'une de ses poches.

Puis, je m’approchai un peu plus du corps inerte du prêtre sur le sol et libérai ma magie une nouvelle fois pour effacer ses souvenirs, cette fois avec plus de convictions et sans en avoir le cœur un peu lourd. Le sortilège eut l’effet escompté et je n’eus qu’à annuler mon Petrificus Totalus pour qu’il retrouve sa mobilité. Suite à cela, je profitai de leur état d’égarement pour me faufiler entre les arbres très rapidement. Je rangeai ma baguette durant ma marche furtive et veillai à ce que mon sac soit bien fermé. Il fallait désormais que je trouve un endroit désert et tranquille pour mieux me repérer par rapport à Eccleston. Je ferai plus attention, maintenant. Je comprenais plus que jamais la nécessité d’être discrets vis-à-vis des moldus ; il fallait ne pas se montrer. Cette petite était bien trop curieuse et si tout le monde était comme elle, notre monde ne tiendrait pas son secret longtemps. Je l’avais échappé belle, c’était le moins que l’on puisse dire.

Après avoir étudié quelques panneaux d'indications moldus, je parvins à mieux me positionner par rapport à ma destination. J'usai donc de magie pour me faciliter la tâche et gagner du temps. Finalement, tout se passa plus ou moins comme prévu, puisque ma patiente avait cru que le rendez-vous n'était que dans une heure seulement ; la vieillesse fait parfois des ravages. J'avais pu entièrement me consacrer à son cas assez sévère et oublier peu à peu cette dénommée Billie qui m'avait autant agacée qu'émue.

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MessageSujet: Re: + fairy tales - morgana burgess ft. billie atwood Dim 23 Avr - 0:22


Billie tentait de se tenir droite sans réellement pouvoir y parvenir. Beaucoup trop d'émotions l'avaient assaillie et elle peinait à les chasser. Elle était fatiguée, comme si cette mise à nue avait été, pour elle, la plus difficile des épreuves tant elle changeait de son quotidien. Et pour la première fois, elle avait osé espérer quelque chose. Elle avait osé y croire. Et on le lui avait refusé, arrachant ainsi ses veines espérances.

Morgana. Oh, Morgana. Une sorcière. Qui l'aurait cru ? Les sorcières existaient vraiment. Elle avait raison. Elle n'était pas folle. Ses yeux humides fixaient les siens, en silence. Elle lui promettait qu'elle ne souffrirait pas. Mais c'était faux. Elle souffrait déjà, en réalité. Elle souffrait d'être laissée ici. De ne pas avoir ce que les autres avaient. De l'amour. Une famille. Une place, quelque part. C'était tout ce qu'elle voulait. Etait-ce trop demandé de compter pour quelqu'un, au moins une fois ? Tout ceci, toutes ses attentes, elle ne venait pas de les réaliser. Elle le savait, tout ça, mais l'enfouissait si profondément qu'il était rare qu'elle puisse en prendre pleinement conscience. Or ce jour était particulier, n'est-ce pas ? Ce jour était celui où elle l'avait rencontrée, elle. Cette créature. Cette enchanteresse. Mais l’émerveillement et la curiosité avaient bien vite laissé place à quelque chose de différent. De profond. De sincère, finalement. Elle regardait ce visage bordé de cheveux noirs et refusait de le quitter des yeux. Peu importait la baguette qui se tenait entre elles, ce n'était pas ce bout de bois qu'elle voulait emporter avec elle, dans ses derniers souvenirs. Elle ignorait tout de ce que Morgana avait prévu et celle-ci ne semblait pas décidée à le lui dire. Tant pis. De toute façon, elle avait compris qu'elle ne pourrait rien faire. Alors elle se contentait de ne pas rompre ce maigre fil qui les liaient encore par le contact de leurs pupilles. Et comme aux premières secondes, Billie n'osait même pas cligner des yeux. D'ailleurs, elle respirait à peine. Le temps donna l'impression de se figer quelques instants. Il n'y avait aucun bruit. Rien que le silence. Le silence et cet échange de regard. Ses yeux. Son visage. Et puis sa voix, à nouveau. Une dernière fois.


Impuissante, Billie fut frappée de plein fouet. Elle n'eut même pas le temps de s'en rendre compte qu'elle était déjà plongée dans le noir. Pourtant, il y avait cette lueur, au loin. Elle s'approcha, doucement, se débattant au milieu de ses songes. Un silence de mort régnait autour d'elle. On y voyait à peine. Mais elle continua son chemin, comme elle put, intriguée par cette source de chaleur qu'elle ne s'expliquait pas. Elle savait seulement que c'était important. Qu'elle devait s'approcher. Et alors que les Ténèbres l'entouraient toujours, elle finit par discerner les détails de la flamme oscillant fébrilement. Une flamme ? Non. Une femme. Un visage, en réalité. Qui était-ce ? Son nom ne lui revenait pas. Pourtant, elle la connaissait. Elle était sûre de la connaître. Merlin ? Non. Ce n'était pas un nom qui lui convenait. Et que venait-il faire dans cette histoire ? On parlait d'une jeune femme, ici. Et si ce n'était pas Merlin, alors peut-être... M...

Morgana. Billie ouvrit les yeux subitement. Un frisson glacé la parcouru. Bon sang, il faisait super froid ! Elle regarda autour d'elle. Visiblement, le coup que lui avait porté son camarade avait été plus fort qu'elle ne le croyait. Etait-elle tombée dans les pommes ? Pourtant, elle ne ressentait aucune douleur. C'était vraiment bizarre. Et en regardant aux alentours, elle aperçut le Père Celynen, au sol. Encore plus étrange. Elle se releva doucement, comme épuisée, avant de s'approcher de lui. Elle ne le portait pas dans son cœur, mais le voir étendu là était suffisamment anodin pour qu'elle s'y intéresse. D'une voix ténue, elle s'adressa à lui. Mon Père, est-ce que ça va ? Visiblement lui aussi bien éreinté, il se redressa avec peine. Qu'est-ce que je fais là ? Billie le fixa, incrédule. Je vous ai trouvé allongé là, lâcha-t-elle simplement. Après quelques hésitations doublées d'une moue dubitative, il prit le chemin du retour, emmenant l'enfant avec lui. Elle se sentait étrange. Comme si quelque chose n'allait pas. Comme si quelque chose lui manquait. Ou plutôt, manquait à son corps. A son coeur ? Et puis elle repensa à ce rêve, à ce visage qui lui était peu à peu revenu. Qui pouvait bien être cette femme ? Et alors qu'elle se posait mille questions, détaillant ses traits, quelque chose, dans sa poche, attira son attention. Pour les bleus. Billie s'arrêta nette, fixant le petit pot. C'était quoi ça ? Et pourquoi elle l'avait avec elle ? Billie, dépêches toi ! Elle sursauta légèrement, posant son regard sur le Père visiblement bien irrité. Ce n'était pas le moment de l'énerver. Alors elle rangea furtivement l'objet dans sa poche, reprenant sa course. Mais ce n'était que partie remise, car elle ne comptait pas en rester là.

Elle finirait bien par obtenir des réponses, un jour ou l'autre.

The End

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